Terre d’Aube

Les champs avaient été moissonnés, laissant le sol doré et des rayures parfaites.

Etranges paysages parfois, carrés jaunes et verts sur fond de sécheresse

et ici ou là, dans un désert de paille coupée, un bosquet, un arbre, voire deux ou trois,

comme des cils ou des sourcils soulignant les yeux de la terre.

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Je vole du temps

Dans cet automne à l’air d’été,

Et cette rentrée si étrange,

Toute en méfiance masquée,

Je vole du temps

Au tracas,

A la tristesse et aux demains sombres,

Et je m’évade.

Je m’offre des mini-vacances,

Le temps d’un jour,

En ailleurs proches

Ou même chez moi,

Parce que le voyage

C’est parfois, souvent,

Un simple changement de regard.

J’enfile des sandalettes,

Du lin et du coton,

Je prolonge mon été,

Et prends quelques acomptes

Sur le bonheur.

L’autre samedi à Pont L’Évêque,

Celui-ci à Honfleur,

Honfleur. Ville d’eau,

Pas en termes de thermes, non

Mais de lavoirs et d’abreuvoirs

De bassins et de mer,

De fleuve et de rivières

De ponts et d’estuaire.

Joli petit port de carte postale.

Les bâtisses qui, comme des cartes à jouer,

Se dédoublent en reflets,

Une façade sur la terre ferme,

L’autre plongée dans l’eau,

Qui frissonne et tremblote,

Au gré du vent.

Brise ou bise qui joue aussi

De la musique

Dans les mâts et les voiles,

Des bateaux chamarrés

Amarrés aux quais.

Ce samedi,

C’était vacances, donc

Comme une avance sur le bonheur,

Parce que la vie, c’est maintenant,

Et que demain… ?

On verra bien…

 

Si vous voulez écouter la version audio, cliquez ici :

 

 

APicADay – L’Arno d’Or

 

C’est un pont sur l’Arno, un vieux pont, comme une rue bordée de boutiques, grouillante et bruyante du levant au couchant. Autrefois le fleuve était rouge du sang versé par les bouchers qui travaillaient là, dans leurs minuscules échoppes. Aujourd’hui, c’est d’or que le fleuve est teinté, les bijoutiers ont pris la relève, les bijoux s’étalent en vitrine.

L’Arno

Florence

La Toscane

L’Italie…

Comme un petit air de paradis…

APicADay – La tête et le coeur

Naples, Villa Floridiana

On dit que ces deux-là ne font pas bon ménage, que souvent le coeur emmène là où la tête et la raison ne regardent pas, ne veulent pas voir.

Il semble ici que le coeur s’en soit sorti mieux que la tête, il est resté entier, sous le crâne accroché…

Je suis repartie en balade à Naples ce soir, je ne m’en lasse jamais…

APicADay – Florence

Florence vue d’en haut, du dome du Duomo. (Photo argentique numérisée)

J’ai, de mon arrivée à Florence, un souvenir très particulier.

J’ai voyagé en train, de nuit,  entre sommeil et rêverie éveillée, et je suis arrivée très tôt le matin… Alors…  Quitter la gare à pied, parce que l’hôtel parait tout près, et découvrir une ville à la beauté renversante qui se réveille à peine. Les volets métalliques des échoppes grincent sous les tours de manivelles qu’on actionne pour les lever, les trottoirs sont lavés à grande eau, le soleil, gourmand, commence à lécher la peau. L’étalage hétéroclite des articles à vendre ici et là écarquille les yeux. La ville est comme un grand orchestre où se mêlent les murmures, et les cris, les cliquetis des grilles et les pétarades de Vespa, de la musique tonique et l’amour en chanson, ici on prie, on parle fort, c’est le bazar, surement que le chef d’orchestre dort encore. Et c’est tant mieux. Effectivement, l’hôtel était assez proche et j’y arrive sans avoir vu le temps passer. Je suis émerveillée à l’idée de ce que j’ai à découvrir, et j’ai le coeur qui chante.

Prendre une douche, se changer, et partir à la conquête de la ville… C’est beau, Florence, au réveil…

 

APicADay – En vitesse

Encore une photo prise dans la voiture, tandis que le paysage défile.

Quelques insectes sur la vitre, mais bientôt les insectes auront quasi disparu

et seront un luxe,

alors ne boudons pas notre plaisir d’en avoir et d’en voir,

encore.

Le ciel semble menaçant, mais il semble seulement.

Il fait les gros yeux, voudrait faire peur aux téméraires du dehors,

mais aucune goutte n’est tombée.

Il a juste étalé des nuages pour cacher le bleu de ses yeux.

 

Je n’aime pas la route, alors toujours je regarde ailleurs…

(sauf si c’est moi qui conduis, bien sur ! ) 

APicADay – Et les bougainvilliers…

Mai fait sa mauvaise tête, pluie en averses et bourrasques de vent,

une miette de soleil pour mériter le nom ‘Printemps’.

J’avais sorti mes sandales et chaussures légères,

je les ai rangées !

Et j’ai ressorti les bottes, bien plus adaptées…

Alors, j’m’en fiche, je pars à Sidi Bou Saïd,

je pars en Tunisie,

je m’en vais arpenter les ruelles blanches,

en pente,

où fleurissent le jasmin

et les bougainvilliers.

Puis je m’arrêterai au Café des Délices

Pour admirer le golfe de Tunis

Vous venez ?

APicADay – Comme un souvenir…

C’est comme un souvenir en noir et blanc,

comme la mémoire d’un autre temps,

comme un monde qui n’est plus,

des croyances disparues.

C’est comme un autre monde,

une vieille carte postale

retrouvée dans une boite en métal

avec des mots de gens que l’on ne connait pas,

le noir et blanc, c’est parfois un peu tout ça,

parfois.

Là, c’était l’année dernière, et c’est Sées, toujours.

Comme quoi, les choses ne sont pas toujours ce que l’on croit…

APicADay – LondDuck

Le canard anglais est assez similaire au canard français, même s’il se fait appeler ‘duck’. Duck n’est pas ‘Duke’, n’en déplaise aux volatiles de sa majesté.

Ceux-là sont en mode ‘quasi camouflage’, se fondant dans l’eau et le soir, sans faire de vagues…

Pour le reste, les nuages sont de Londres, même s’il m’est avis qu’ils ont du prendre la tangente vers la France ensuite. Et, de mémoire, ici c’est St James’ park.

Souvenir d’un temps où aller à Londres c’était juste trouver un billet (de ferry) et un hôtel… Après le Brexit et avec le covid, les choses ne seront plus jamais les mêmes…

 

 

APicADay – Tutoyer les nuages

Abbaye de Jumièges

Arpenter les étages supérieurs, côtoyer les toits et tremper ses doigts dans le bleu des cieux, se mettre de la couleur jusque sous les ongles.

Caresser les nuages, doucement, tendrement, barbouiller de la mousse blanche sur le bout de son nez, apprivoiser les cumulonimbus, leur raconter des histoires, et finir par les tutoyer…

Il fait bon se promener à l’Abbaye quand le ciel s’offre ainsi…