Mouette d’haïku

JE ME MOUETTE

Publicités

Quoi ce matin ? (07 01 2015)

L’as-tu embrassée avant de franchir le seuil de la porte ?

T’es-tu retourné pour la regarder avant de sortir ?

As-tu descendu l’escalier dans un éclat de rire, ou avec une musique dans les oreilles, la blague d’un collègue accrochée sur ta bouche en un joli sourire ? Où bien encore absorbé par un rendez-vous dans l’après midi, un truc enquiquinant, le coiffeur, le dentiste, le toubib… ?

C’était quoi ton avant ? C’était comment ce moment où tu marchais vers la fin sans te douter de rien, sans savoir que la folie viendrait défoncer la porte, et cueillir la fleur de ta vie ?

Il y a des jours comme ça, où l’on met un pied devant l’autre, comme les autres jours, pour aller où l’on doit aller, comme d’autres jours, sans savoir que c’est un aller simple, sans retour.

Il y a des matins où l’on croit avoir rendez-vous avec des kilos de plumes qui chatouillent, en font des tonnes pour faire rire, ou bien font éternuer, et où ce sont finalement des kilos de plomb et d’autres métaux lourds qui crèvent les veines, les artères, les glandes lacrymales, et déchirent le voile de ciel bleu ou gris clair, pour l’emplir de tonnerre et du noir des ténèbres.

 

On aimerait rembobiner l’horreur, le mauvais film, recommencer au ‘juste avant’. On voudrait des embouteillages monstres, des grèves de taxis, de bus, de la RATP, et même de la SNCF et des stations essences aussi… La capitale paralysée le temps de quelques heures, des heures klaxonnantes plutôt qu’hurlantes de sirènes ambulancées. On voudrait qu’exceptionnellement la réunion de la rédaction prenne la forme d’une vidéo conférence… On voudrait tant, et on ne peut pas, le temps ne veut pas faire machine arrière, il coule comme coule votre sang, il file comme il nous file la nausée, et il déroule sa tristesse.

Sinistre rendez-vous que celui de ce mercredi 7 janvier 2015, rendez-vous avec la folie encagoulée, avec deux êtres habillés aux couleurs de la faucheuse et de haine. Nous vous préférions morts de rire… Bye jolies plumes et beaux crayons, bye douces âmes et tendres cœurs, bye Charlie…

Arbre a crayons libres

 

Armes de création massive - copie

La grand-messe

 Ils sont venus, ils sont tous là,

Amassés aux portes du Temple.

Certains sont arrivés très tôt,

Pour être les premiers élus à sacrifier au rituel.

Il fait encore bien frais.

Le soleil se lève à peine,

Et ses rayons montrent assez peu d’ardeur à l’ouvrage.

Serrés, les uns contre les autres, les fidèles se réchauffent.

Tous expriment leurs vœux et leurs quêtes,

Quelques-uns d’une voix forte,

D’autres tout en murmures.

L’ensemble est harmonieux,

Comme si chœur du Temple chantait.

Parfois la fièvre monte.

Et soudain, les grilles …

Les grilles qui se lèvent dans des grincements de soulagement,

Et la clameur explose.

Les vitraux des vitrines s’éclairent de mille feux.

L’hystérie gagne.

Alors la transe commence.

Les portes sont ouvertes, la procession s’engouffre.

Dans cet ensemble oecuménique,

Les fois se marchent parfois un peu sur les pieds et,

Dans la bousculade,

Dame Courtoisie est éjectée.

Les ‘put*n d’bon dieu’, ou les ‘nom de dieu’ fusent.

La communion est parfaite.

Le Temple est prêt pour la célébration.

Des soleils électriques éclairent les rayons.

Des haut-parleurs diffusent des messages hypnotiques, `

Entrecoupés de musique martiale et tonique.

La fête divine peut commencer.

Et tintent les tiroirs-caisses.

C’est le premier jour des soldes,

La date fatidique,

Comme un jour férié ou un jour ferré.

Les pratiquants sont là, pour acheter des Indulgences

Et pouvoir mieux céder à la Tentation.

Ils ont adopté la Devise …

DESCARTES DECREDIT

Pendant ce temps, dans d’autres lieux, nous écoutions encore….

Foule sentimentale :

 

Mais on peut aussi écouter Catherine Inta nous chanter le Consumérisme ici

 

Et pour écouter le talent des mots et la belle voix de Catherine Inta sur le même sujet, c’est ici