Saisons de plage

Au midi de la plage,

Ou un peu juste après,

Quand la lumière écrit

En bleu et en doré,

Sur le sable et sur l’eau…

 

À l’annonce du soir,

Ou juste un peu avant,

Les noirs se diagonalent,

En ombres sombres,

Et la ville dore

 

Avant que la nuit tombe,

Oui, juste un peu avant,

Les bleus se moirent,

La ville se mire,

Buildings en bracelet

 

Au minuit de mes songes,

Je rêve de printemps,

De prés verts et de coquelicots,

Alors je convoque les couleurs,

Et repeints toute la plage…

 

(4 variations pour une même photo, où j’ai imprimé ‘mes saisons’…)

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Les P’tits Bateaux…

 

On avait convoqué les bleus,

Ceux du ciel et de la mer

Des bleus profonds, et puis des clairs,

Et aussi invité Éole avec toutes ses trompettes,

Fallait que ça souffle,

Fallait de l’air dans les voiles,

Et puis le vent en poupe

On avait prié le soleil pour qu’il se montre généreux,

Pour qu’il souligne d’un trait gracieux

Nos blanches falaises,

Tout, on a tout eu !

Coquilles de noix en défilé,

Triangles multicolores

Rails d’écume…

C’est que…

Si on sait accueillir, ici,

On sait aussi raccompagner…

(Départ de la Transat J. Vabre, novembre 2017)

Industrielle, la zone

Elle fume depuis si longtemps,

Qu’elle a les poumons encrassés,

La Zone.

Elle est sale, elle pue,

Mais parfois, en nocturne,

Elle se la joue paillette,

Et brille de tous ses ors,

Les spots se font lampions,

Les phares filent en colliers,

Dorés,

Et l’on dirait New York vu de l’Empire State,

Un tout petit New York, certes,

Mais quand même…

 

 

Jambinai

C’était quelque part, au croisement du Punk et de la musique traditionnelle de Corée du Sud. C’était dans un autre espace-temps, une autre harmonie, une autre douceur qui ferraille avec l’acier et le métal. Des cordes comme des prolongements des doigts, et puis du bois avec lequel le corps fait corps… Qui se joue de qui, ? Qui est l’instrument de l’autre… ? Jambinai n’aura pas, ce soir, répondu à ces questions, mais m’aura offert un beau voyage, hors confort et repères,  loin, très loin…

Encore un beau concert, encore une belle soirée…

 

Cloches et Glas

Elle a la tête courbe,

La stèle,

Comme pour adoucir la pierre,

Et arrondir les angles

De l’Histoire

Qui aimerait une autre Mémoire,

Un passé pas si sombre

Et moins de sang versé,

Noirci par les années,

À se voiler la face

À tenter d’oublier que le port n’était pas

Que de coton

Et de café,

À passer sous silence,

Les cales hurlantes et tourmentées,

De la douleur des hommes,

Des souffrances des femmes,

Et des pleurs des enfants

Esclaves des marchands

Sans âmes

Infâmes.

Maigre stèle,

Petite,

Pour grande honte.

(Esplanade Guynemer, plaque commémorative)