Partie de poker…

J’ai toutes les cartes en main,

Des cartes mal distribuées,

Et je ne sais plus les ranger

Ni comment optimiser ce jeu…

Réapprendre à associer les paires,

Puis les paires en carrés,

Et puis aussi… joker !

Se méfier de la quinte flush

Rouge cœur, rouge sang,

Eviter les piques,

Ne pas rester sur le carreau

Une quinte Trèfle ? Pourquoi pas…

Trèfle à cinq cartes, à cinq feuilles,

Qui porte doublement bonheur.

Un full aux dames pour plénitude,

Et plus de force, multipliée,

En féminités rassemblées.

Full aux as, plein les poches,

Des ressources  et du ressort,

Se sentir à l’abri, se sentir protégée,

Sauf si l’adversaire, bien sûr,

Fait dans la surenchère…

Je suis tombée,

Mes cartes se sont éparpillées,

J’ai du tout rassembler,

Et maintenant il faut trier,

Les bonnes et les mauvaises,

Etre vigilante,

User de l’expérience,

Apprendre à jouer

Vraiment,

Et ne plus se tromper,

Pour gagner….

… la vie.

PARTIE DE POKER

‘La vie est une scène de théâtre’, disait Shakespeare. Elle est un jeu aussi… Il faut en apprendre les règles… J’apprends, et je m’apprête pour la partie qui commence…

L’Epiphanie

Il était 20 heures, ce 6 janvier. Tout le monde s’apprêtait à passer à table, on célébrait l’anniversaire de Jude, agapes en perspective. Cette période de l’année était toujours chargée, l’anniversaire des jumelles le 25 décembre, puis la fin de l’année, et tutti quanti.

Dix couverts joliment disposés, la vaisselle brillait, de délicieux fumets s’échappaient de la cuisine. Les jumelles, Christine et Christiane, prirent place, ainsi que Jude et Joseph le père, puis Papy et Trinidad, la grand-mère. Jude avait invité des copains à lui, Baptiste, Mathieu et Paul. Marie, la mère, s’activait en cuisine.

 

L’atmosphère était singulièrement sinistre, cependant. Un ‘plop’ indiqua qu’une bouteille de champagne avait été ouverte, le liquide doré emplissait les verres. Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne vit pas, Monsieur, on ne vit pas, non … Alors on boit un peu, pour réchauffer le climat.

En dépit de l’insistance de sa mère, Jude n’avait pas voulu se défaire de sa sacro-sainte tenue gothique diabolique. Chaînes métalliques et piques, du noir de l’enfer et de l’argent des lames, des lames de couteaux aiguisés, comme étaient aiguisés ses mots, il avait la langue acérée, Jude, et le regard charbon fourbe. Il n’était pas un adolescent facile, non, il donnait du fil à retordre à ses parents.

 

Soudain, la sonnette retentit. A cette heure, c’était étonnant, on n’attendait plus personne. Trois grands gaillards, éclairés par la lune, se tenaient là, dans l’encadrement de la porte. C’était de lointaines relations de la famille, dont on avait vaguement entendu parler. Joseph les invita à entrer, et leur proposa de rester à diner, ce qu’ils acceptèrent sans aucune forme d’hésitation. Ils s’y attendaient même, visiblement, ils l’espéraient en tout cas. Ils n’étaient d’ailleurs pas venus les mains vides et déposèrent leurs présents, myrrhe, encens et or, sur le plan de travail dans la cuisine.

 

On se poussa un peu pour leur faire une place, tandis que Marie ajoutait trois couverts. Elle était un peu contrariée car son service de table était prévu pour douze personnes, la treizième assiette serait donc dépareillée. Gaspard s’installa entre les deux filles, tandis que Balthazar s’asseyait entre Trinidad et Joseph, face à Jude, et que Melchior prenait place entre Marie et le Papy. Les bulles du champagne n’avaient pas vraiment réussi à alléger l’ambiance, une lourdeur chargée d’électricité pesait comme une chape de plomb sur la tablée.

 

On entama le repas, quasi religieusement. En coulant dans la gorge, la bisque de homard faisait de grands bruits sans élégance. Ça faisait des grands ‘slurps’. Oui, ça faisait des grands ‘slurps’. Quelque chose que personne ne maîtrisait était en mouvement. L’incongruité de cette assemblée devait s’expliquer ailleurs que dans le cadre du simple anniversaire d’un adolescent boutonneux. Oui, mais où ? Alors Gaspard se leva et prit la parole. « J’ai une révélation à vous faire ». Tout sembla s’immobiliser, y compris la goutte de soupe maintenue en suspension sur le bord de la cuillère.

 

Alors c’est Melchior qui poursuivît. ‘Christine, Christiane, il est temps que vous sachiez que Joseph n’est pas votre père ». Les jumelles ouvrirent si grand les yeux qu’ils en furent exorbités, tandis que Marie joignait ses mains en prière. Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur, on ne pense pas, on prie.

Jude partit d’un éclat de rire démoniaque, qui se reproduisait en écho dans toute la maison. ‘Je m’en doutais, ah ah, je m’en doutais’ ! Papy devint rouge comme la bisque, tandis que le visage de son épouse, Trinidad, prenait la teinte neigeuse de la nappe immaculée.

 

Joseph leva le poing en l’air et commença à crier. « Quoi ! Je me saigne les veines pour nourrir des enfants qui ne sont pas de moi ?!! Mais de qui sont ces bouches inutiles ?!! « Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne cause pas, Monsieur, on ne cause pas, on compte. Alors Balthazar donna le coup final. « Christine et Christiane sont les enfants de Papy qui, en fait, n’est autre que le Saint Esprit. Elles sont nées de la façon la plus pure, par Immaculée Conception. ».  Alors là, tous les visages se figèrent, comme la soupe dans la soupière, tous bouche bée comme autant de ronds de serviettes.

 

Un trop plein d’émotion et le rire de Jude devint satanique, « Il m’enc…ait conception ?? A-t-on déjà vu des enfants naître ainsi ? Saint Esprit dites-vous ? Mais pas sain d’esprit, de toute évidence ! Ah la la, quelle famille !! « Alors Balthazar poursuivit et expliqua tout. Tous les projets pour l’Humanité, et les couacs dans les rouages de la machine à penser, qu’on pensait bien huilée pourtant. Il raconta l’idée de la Trinité, le père, le fils et le Saint Esprit. Et l’énorme bug qui suivit. Non seulement de cette Trinité le Fils devint Fille, mais en plus il y en avait deux.

 

Impossible de résoudre la quadrature du cercle, pour que la Trinité deviennent réalité, l’une des jumelles devait partir, quitter le cocon familial. L’enjeu était de taille, la peine valait la peine. Mais c’était difficile.  Parce que chez ces gens-là, on ne s’en va pas, Monsieur, on ne s’en va pas …  Christiane avait toujours été plus proche de sa mère, de son père et de Papy, elle fut donc l’élue.

C’est ainsi que, ce soir-là, Christiane vit sa sœur Christine franchir pour une dernière fois le seuil de la maison. Par la fenêtre, elle la vit monter dans un grand traineau rouge, et filer sur la neige …

 

Jamais plus on n’entendit parler d’elle. Des rumeurs racontent qu’elle a épousé le Père Noël …. Enfin… les rumeurs, Monsieur, vous savez … Les rumeurs …

 

Mais il est tard, Monsieur, il faut que je rentre chez moi ….

 

 

 

(« Épiphanie » est un mot d’origine grecque, Ἐπιφάνεια (Epiphaneia) qui signifie « manifestation » ou « apparition », voire « révélation » du verbe φαίνω (phaïnò), « se manifester, apparaître, être évident, révéler ».

L’utilisation du terme est antérieure au christianisme. Les « Épiphanes » sont, dans la culture grecque, les divinités qui apparaissent aux hommes.)

 

Vous pouvez écouter le texte, accompagné de la chanson de Jacques Brel ‘Ces gens-là’, en cliquant ici.

 

Et regarder l’intégralité de la chanson par le MaÎtre, en cliquant ci-dessous :

https://www.youtube.com/watch?v=2FCqjm2Jwhk

 

 

Petite recette pour bien laver son linge sale, en famille ou pas…

Depuis quelques années, je fais mon produit de lessive moi-même avec la cendre du poêle à bois. Cela marche très bien et, si je suis parfois une tache moi-même, cela ne se voit pas sur mes vêtements… 

Dernièrement j’ai fait un tutoriel de la méthode, j’ai envie de la partager avec vous. J’avoue qu’au delà de toute les qualités de cette lessive,  je suis ravie de faire la nique à l’industrie du Soap Opera, et de ne pas la laisser polluer mon environnement outre mesure….

Si la recette vous intéresse, c’est ici …  : 

 

Fabrication de lessive à base de cendre

Il y a de la potasse dans la cendre de bois, et cette potasse a le pouvoir de dissoudre les graisses. Autrefois, la cendre était utilisée dans l’élaboration du savon, et on l’utilisait déjà pour la lessive.

Cette lessive à base de cendre est efficace, écologique, économique, douce avec les textiles,  et, à ma connaissance, antiallergique.

Le matériel :

– de la cendre de bois

– de l’eau

– une bouteille d’eau vide pour faire un gros entonnoir.

– des bidons à large goulot (type bidon d’eau déminéralisée en 5 litres)

– un ou des entonnoir(s) (j’en utilise plusieurs)

– des filtres à café, ou du papier essuie-tout.

– des bouteilles ou petits bidons de lessive vides pour stocker le produit fini.

 

La méthode :

A l’aide d’un entonnoir large ‘maison’ (bouteille d’eau découpée, par exemple), verser de la cendre dans un bidon jusqu’à en remplir 1/5.

 

TUTO LESSIVE 1

Puis remplir le bidon d’eau (donc 4/5 d’eau).

 

Version 2

Secouer pour mélanger.

Laisser macérer pendant au moins 48 heures, en secouant le bidon de temps en temps. On peut laisser plus longtemps, voire beaucoup plus longtemps.

 

Ensuite, filtrer le mélange à l’aide d’un entonnoir équipé d’un filtre à café dont la base et le coté auront été repliés pour plus de solidité.

 

TUTO LESSIVE 3

La filtration prend du temps, puisqu’il faut remplir l’entonnoir régulièrement. C’est pourquoi j’utilise plusieurs entonnoirs, filtres et bouteilles en même temps pour accélérer un peu cette étape.

TUTO LESSIVE 4

Voilà, c’est prêt !

Version 2

 

Utilisation :

Verser 25 cl de cette lessive et un verre à moutarde de vinaigre blanc. Ce dernier assouplit le linge, le désinfecte et évite le tartre dans la machine.

 

Informations supplémentaires :

La couleur du liquide obtenu dépend de l’essence du bois. Le liquide est poisseux.

Pour rincer les bidons à cendre, j’ajoute de l’eau, je secoue bien, et je verse dans mon jardin, cela fait de l’engrais.

Vous trouverez d’autres recettes avec de la cendre, je n’ai testé que celle-ci et elle fonctionne bien.

Cette lessive n’a pas d’odeur, c’est parfois déroutant. On peut y ajouter des huiles essentielles, ce que je ne fais pas, mais dans ce cas il faut vérifier le mode de dilution (à chaud ? à froid ? ). Ou bien, tout simplement, ajouter des huiles essentielles au vinaigre blanc, la dilution se fait plus facilement.

Pour le linge blanc, on peut ajouter une dose de bicarbonate de soude dans la machine.

 

Si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à m’en faire part.

Bonne lessive !

 

Bulles 2016, légèretés en couleurs…

 

Version 2

Je vous souhaite du Bonheur,

Avec un grand ‘B’, quel que soit le vôtre.

De la douceur, et de la légèreté.

De l’amour et de l’insouciance,

En toute Liberté…

Que les jours à venir s’écrivent en couleur,

A l’encre sympathique,

Pour que l’histoire soit belle…

Bonne Année 2016 à Vous.

La tête dans le bidon…

Version 2

Vraiment bon ce petit vin blanc. Et léger… Du style à faire marcher un tout petit centimètre au-dessus du sol, tête en l’air, esprit entre ‘dégagé’ et ‘embrumé’. Il n’y a que l’esprit pour connaître ces deux états à la fois…

C’est ainsi que je quittais la boutique d’un ami caviste – mais pas que, avec un bidon sous le bras. Plus précisément, raccompagnée par une âme charitable qui portait le bidon dans ses bras. L’âme aussi a des bras, surtout quand elle est charitable.

Un bidon, que dis-je, un fût ! Un fût industriel, vide fort heureusement. J’ai sept jours pour le décorer. Puis il sera mis à l’entrée d’un magasin du quartier, dans le cadre d’un parcours artistique conjuguant fûts à l’extérieur et expos à l’intérieur.

Un bidon dans mon salon. Une belle surface à découvrir, avant de la recouvrir. Mais comment ? Il me faut d’abord apprivoiser la bête, entrer en communication. Je tourne autour, l’interroge du regard, en vain, elle reste muette. Aller dormir paraît la meilleure alternative.

 

BIDON 1

Au réveil, tardif, la gueule est de bois, et l’esprit plus encombré que dégagé, à l’image du salon. J’avais oublié le bidon ! Son bleu électrique éblouit mes yeux encore ensommeillés. Faire un thé. Prendre son temps. Trouver un fil, une invitation…

Je caresse la surface, pianote du bout des doigts – le son est agréable, puis m’enhardis un peu. Crescendo. Ça percusionne dans mon salon. Alors je pars à l’aventure, vers les Tambours du Bronx, et puis les tamtams de l’Afrique …

L’Afrique…. Continent cher à mon cœur, en voilà un fil conducteur… Me reviennent en mémoire les couleurs des sables que j’en ai ramenés, sables foulés au pied, arpentés, collés aux semelles, comme autant de traces pour autant de chemins. Rendre le fût à la Terre, y imprimer ses couleurs, voilà ce que j’aimerais faire….

BIDON 2

 

BIDON 4

Trouver la bonne colle, sélectionner les couleurs. Badigeonner, saupoudrer, laisser sécher, secouer, vernir, recommencer… Fût à plat, un coté à la fois. Des heures à ‘bidonner’, d’abord inquiète sur le timing, mais contente de relever ce défi. Et d’apprendre. Parce que ça, je n’avais jamais fait.

BIDON 5

Une fois le tour entièrement ‘sablé’, je me suis amusée à exploiter les lézardes nées des différentes applications. Veines de bleus et de verts, comme des semis de lapis-lazuli, malachite ou émeraude, inclus dans des filons d’or. Parce qu’elle est belle et qu’elle est riche, la Terre…

Version 2

 

Voilà ! Mon bidon est parti un jour plus tôt que prévu. Je n’étais pas fâchée de mettre un terme à notre vie commune, il avait transformé ma cuisine en champ de bataille, et mes nuits en courts-métrages.

Ravie de cette expérience, l’urgence a du bon parfois, et contente aussi que le fût subisse les épreuves de la pluie et du vent, sans altérations…

Version 2