APicADay – Géométrie portuaire 2

C’est ‘carré’ un port, enfin … je veux dire… c’est ‘tiré au cordeau’.

C’est des droites, horizontales, verticales, obliques, mais droites, oui.

Tandis que le ciel et la mer, eux, aiment les rondeurs,

rondeurs des nuages et des vagues,

volutes de cumulonimbus et d’écume,

crêtes arabesques et stratus effilochés…

Le ciel et la mer, complices depuis la nuit des temps,

se répondent en fantaisie irrégulières

que le port, lui, essaie de dompter…

APicADay – En vitesse

Encore une photo prise dans la voiture, tandis que le paysage défile.

Quelques insectes sur la vitre, mais bientôt les insectes auront quasi disparu

et seront un luxe,

alors ne boudons pas notre plaisir d’en avoir et d’en voir,

encore.

Le ciel semble menaçant, mais il semble seulement.

Il fait les gros yeux, voudrait faire peur aux téméraires du dehors,

mais aucune goutte n’est tombée.

Il a juste étalé des nuages pour cacher le bleu de ses yeux.

 

Je n’aime pas la route, alors toujours je regarde ailleurs…

(sauf si c’est moi qui conduis, bien sur ! ) 

APicADay – LondDuck

Le canard anglais est assez similaire au canard français, même s’il se fait appeler ‘duck’. Duck n’est pas ‘Duke’, n’en déplaise aux volatiles de sa majesté.

Ceux-là sont en mode ‘quasi camouflage’, se fondant dans l’eau et le soir, sans faire de vagues…

Pour le reste, les nuages sont de Londres, même s’il m’est avis qu’ils ont du prendre la tangente vers la France ensuite. Et, de mémoire, ici c’est St James’ park.

Souvenir d’un temps où aller à Londres c’était juste trouver un billet (de ferry) et un hôtel… Après le Brexit et avec le covid, les choses ne seront plus jamais les mêmes…

 

 

APicADay – Déplacement de regard

Au pastel du ciel et au coton des nuageons répond le vert métallique de la mer

le vent fait claquer les mâts et l’écho répond en cliquetis qui se répètent à l’envie

la lumière argentée purifie l’atmosphère et fait vibrer les couleurs.

Embrasser la ville de la digue, c’est déplacer le regard

et s’imaginer être, le temps d’un temps, debout sur le pont d’un bateau

déjà au large, déjà en partance…

 

 

APicADay – Tutoyer les nuages

Abbaye de Jumièges

Arpenter les étages supérieurs, côtoyer les toits et tremper ses doigts dans le bleu des cieux, se mettre de la couleur jusque sous les ongles.

Caresser les nuages, doucement, tendrement, barbouiller de la mousse blanche sur le bout de son nez, apprivoiser les cumulonimbus, leur raconter des histoires, et finir par les tutoyer…

Il fait bon se promener à l’Abbaye quand le ciel s’offre ainsi…

APicADay – Entre Béton et Coton

Là où je vis, le béton a fait son nid, son lit, sur les décombres de la ville ancienne.

Les lignes sont droites et épurées, les rues sont tirées au cordeau,

tout est d’équerre.

Que d’angles, que d’angles… !

Heureusement le ciel, lui,  se passe bien d’architecte et sculpte les nuages comme il en a envie,

Alors au béton des humains de la terre répond le coton céleste,

en nuages doux et duveteux

et pas du tout bien rangés…

APicADay – Et Dieppe en Falaises..

Dieppe en falaises

Alors on prend le vent en face, et les embruns aux yeux,

et l’on s’étonne un peu que les mouettes en passant aient fait un si gros trou dans la couverture de nuages.

Les falaises impassibles accueillent le ressac avec la force tranquille d’un mur de calcaire.

Ici tout est mer, éther et terre.

Et lumière…

 

APicADay – Goodbye la côte

La côte mettait les voiles,

moi je prenais le ferry-boat,

la mer se faisait mousser

à grand renfort de rampe

d’embarquement,

quelle trainée !

Je battais pavillon Viking,

écumais la Manche

à la conquête de la Perfide Albion,

je n’allais pas refaire Hastings, non,

mais dévaliser les boutiques de thé,

avec beaucoup de fermeté,

ça, c’était assuré.

« How can I help you?’

« I’d like a cup of tea, please ».

 

APicADay – Jumièges

La Normandie a sa ‘Route des Abbayes’, toutes construites  de pierres blanches. Mais si certaines d’entre elles sont superbement conservées, cela n’est pas le cas de Jumièges. Longtemps délaissé, le site même de l’abbaye est aujourd’hui entretenu de façon à mettre ces ruines en valeur. Et ça marche formidablement bien. Le lieu est magnifique. . À Jumièges, la lumière ne connait pas de limites, partout elle passe, se joue des murs et des fenêtres, s’installe à demeure, tant que le jour est là, tant que le soleil brille.

APicADay – Apostropher le ciel

Le soleil, fatigué, avait toutefois encore son mot à dire avant d’aller se vautrer au sein de sa mer-e.

Il voulait raconter les nuages, le pourquoi le comment, pourquoi noirs pourquoi blancs, et pourquoi la mer d’huile et les reflets d’argent…

C’était le ciel qu’il apostrophait, il avait pris la forme qu’il fallait, mais les digues, elles aussi, étaient toute ouïe…