La porte à ouverture automatique

C’est la nature qui inspire nombre de technologie, la nature et les animaux en particulier. Il me semble que l’invention de la porte à ouverture automatique est née d’un regard ou d’un miaulement de chat…

Sortir, rentrer, sortrer, rentir… Chat sait pas !

Flamie dans les étoiles…

Ma plume était trop lourde, sa pointe toute émoussée, son encre trop salée, je n’ai pas pu écrire avant. Cela fera bientôt quatre mois que tu as congédié les papillons qui habitaient tes rêves, que ton ombre s’est éteinte sur le muret, et que l’or de tes yeux a rejoint celui de la Terre. Depuis le silence a étreint les murs du jardin, le vide s’y est installé.

Je n’étais pas prête, l’est-on jamais ? Ton départ fut donc d’une grande brutalité. Un soulagement pour toi, probablement, puisque ta santé avait soudain fichu le camp, un déchirement pour moi.

Tu avais quatorze ans, six mois, et un jour. C’est un bon âge a dit le véto, pour moi c’est bien trop tôt. Et Toi et moi, c’était ‘seulement’ depuis deux ans, six mois et trois jours. Dans l’absence on fait les comptes, et chaque jour de présence compte. Un temps d’apprivoisement l’une de l’autre lors de la maladie de ton Humain, mon Frère, puis après son départ en voyage vers d’autres éternités. Moi je t’ai adoptée de suite, toi tu as mis plus de temps. Tu as gardé des distances, la mesure était invariablement la tienne ; vautrée sur mon clavier d’ordinateur, sur mon bureau, tes pattes mouillées de pluie sur mes documents de travail ; étalée sur la table, ventre exposé au soleil, pattes en l’air ; couchée sur ma chaise, mon fauteuil… En dépit de la présence de Sieur Bingo, Royal de Gouttière déjà installé dans les lieux et peu aimable avec toi, tu prenais tes aises, mais il n’était pas questions que j’aie quelques ‘familiarités spontanées’. Une main dans ta belle fourrure bleue et blanche, sur ta petite tête ou sur ton ventre, générait systématiquement ou presque des petits cris de mécontentement, souvent suivis de ronronnements intempestifs. Mais parfois, tout de même, tu venais me chercher pour qu’ensemble nous fassions le tour de notre minuscule jardin. J’écris ces mots et je souris à ce souvenir…

Il m’a fallu du temps pour dire cette séparation dramatique. Du temps à te chercher ailleurs, à trier les photos de toi, presque 2 000, à regarder les quelques vidéos que j’avais enregistrées, à me souvenir combien tu étais belle, et combien je t’aime encore. J’ai fini le tri cette semaine, et il est devenu urgent pour moi d’écrire, de te rendre cet hommage, même si, bien sur, tu ne me liras pas puisque tu ne savais pas lire, enfin je ne crois pas. Mais il me plait de croire que, mes mots, tu les sauras, qu’ils feront le chemin de mon esprit au tien. J’ai toujours pour toi un océan de tendresse et je n’ai pas encore apprivoisé ton absence, je t’espère encore, ici ou là, dans la maison, le jardin, sur le toit.

Mais à présent je vais

Tenter de garder la joie,

La joie de t’avoir eu près de moi,

Tu fus un joli trait d’union terrestre

Entre mon Frère et moi,

Aujourd’hui devenu trait d’union stellaire

C’est comme ça que je le vois.

Après avoir rêvé de chasser les papillons, tu es devenue papillon à ton tour, tu as pris ton envol vers les étoiles et je t’espère ronronnant à présent dans les oreilles de mon cher Frère.

Merci pour le temps partagé…

Deux ans

La pluie tombe,

C’est deux ans ce jour, deux ans moins quelques heures.

Deux ans que tu as pris la clé des champs célestes,

Un passeport pour les étoiles,

Un visa avec un aller sans retour,

Pourtant pas un aller ‘simple’…

 

Pas un jour, pas un, sans penser à toi.

Dans ma mémoire, ton visage et ta voix

Ton être vit encore dans mon cœur et ma tête,

Le sang que tu n’as plus coule encore dans mes veines

Tu n’es jamais très loin de moi.

 

Mais à présent je suis sereine,

Jour après jour, j’apprivoise l’absence,

Si la fin de tes douleurs mit de l’huile sur le feu des miennes,

Aujourd’hui j’ai fait la paix avec mes propres souffrances,

Puisque toi tu ne souffres plus.

 

Sur une chaise, non loin de moi,

Siège ta merveille, ta Princesse Flamie,

Et je te remercie encore de ta confiance,

Je prends soin d’elle, ça n’est pas difficile,

Et on continue à faire connaissance,

Ah tiens, hier pour la première fois,

Je l’ai entendue… ronfler… fort !

Elle ronfle aussi fort qu’elle ronronne

Moteur diurne et moteur nocturne,

Tu vois, j’en apprends encore…

La pluie tombe,

 

Le jour se souvient du gris noir de ton départ,

Mais demain le soleil reviendra,

Demain ou un autre jour,

Parce que le rire t’allait bien,

Et qu’il me va bien aussi,

 

Je t’aime toujours pareil, Brother…

Flamie, Princesse Myrtille, Marquise de Petits Pas

Cela fait maintenant un peu plus d’un an et demi que la Demoiselle a pris ces quartiers chez moi. Caractère bien trempé, machine à ronronner très fort, cet héritage au pelage tout doux, légué par mon Frère parti bien trop tôt, est une source permanente de surprises et de sourires. Si la cohabitation avec Monsieur Bingo n’est toujours pas simple, la Belle se sent de plus en plus à l’aise, et passe de nombreuses soirées couchée sur mon bureau, à coté de moi, voire à tchatter avec je ne sais qui, étendue sur mon clavier, actionnant les touches au petit bonheur la chance…

MozAïque Musicale

C’était vendredi, le troisième jour, et ce fut encore un beau voyage…

Acte 1, scène 1, une étape à Madagascar dans le monde de Kristel, bassiste super Chat, chat les yeux, chaton les bonds, et ronrons dans les cordes vocales. Et puis… généreux le sourire, le peps, et le bonheur d’être là…  Découverte assurément décoiffante…

« I can’t stand the rain… » et ça tombe bien, puisque ça ne tombe pas, précisément, ou du moins, ça ne tombe plus… Les cieux sont cléments avec les musiciens qui les emplissent de notes et font valser les nuages… Deuxième étape aux Etats Unis, Don Bryant and the Bo-Keys nous mettent la tête en vrac et les jambes en boogie… Pas de photos, du coup, pour cause de flou…

La nuit s’achève au Danemark avec la bande à Thorbjorn Risager. Des gueules et des pointures qui avaient eu l’élégance de réviser leurs leçons de Français appris au lycée. Un joli moment de connivence avant que le rideau ne tombe sur cette troisième journée du festival Moz’Aïque….

 

 

Palabres en Noir et Blanc

Je ne sais pas d’où elles viennent, ni pourquoi elles sont là. Peut-être à cause de, ou grâce à, la nouvelle recette gras et graines que je concocte pour les oiseaux du jardin.

Je ne sais pas d’où elles viennent, les pies, je n’en voyais jamais avant, mais ces dernières semaines, elles ont pris leur quartier de printemps dans mon jardin.

Et elles jacassent.

Et elles ont de l’audace.

Ce soir, comme hier, alors que Bingo, Royal de Gouttière noir et blanc, était en délégation dans le pommier, une d’entre elles est venue le narguer, lui chercher querelle, tenter de l’intimider.

Elle se croit supérieure, perchée sur une haute branche. Elle l’invective, le sermonne, lui fatigue les oreilles.

Et les miennes aussi.

Hier il a failli prêter allégeance, dos tout arrondi, museau rose baissé. Il n’était pas prêt à l’attaque, elle a profité de l’effet de surprise.

Ce soir, il en fut autrement.

L’effet surprise n’a pas fonctionné.

Et puis j’ai rappelé à Shah que, si elle avait des ailes, elle n’avait que deux pattes, nous quatre. Et puis nous, on a des dents, elle non. J’ai bien vu que le coaching fonctionnait, Bingo a redressé la tête et la pie s’est envolée.

Non mais !!

Flamy la puce

Boule de poil de caractère, très attachante, petit moteur ronronnant fort, la Marquise à la robe bleue et blanche est entrée dans la famille il y a longtemps déjà, mais dans ma maison depuis quelques semaines seulement.

J’aurais voulu la ramener chez son ‘Père’, j’aurais tant aimé qu’ils se retrouvent et reprennent leur chemin ensemble. Mais la vie, en s’envolant, en a décidé autrement. Mon Frère a rejoint les étoiles que Flamy scrute, le soir, perchée sur le muret.

Aujourd’hui, elle et moi avions un rendez-vous très important, le premier ensemble chez le vétérinaire.  Identification en perspective, car elle est audacieuse et explore pas mal les alentours, et comme ça n’est pas encore son quartier, j’ai peur qu’elle ne se perde. Pucée, on se donne plus de chances de se retrouver. Mais il faut que la Belle soit assez calme pour le permettre sans sédation. Cela me parait préférable, elle a vécu assez de tourments ses derniers temps, moi aussi, nous n’avions pas besoin de nous en infliger davantage. J’en ai eu les tripes nouées toute la journée, j’avais la trouille de son comportement, que je connais encore bien mal, que j’apprends à apprendre. Les cliniques vétérinaires ne sont pas des lieux de récréation pour les quatre-pattes. Le succès de l’entreprise dépendait de sa réaction à la table métallique du véto.

Ce soir, à 18h15, par le biais d’une micro-puce glissée à son cou, je l’ai officiellement adoptée. Ce soir, j’ai accolé mon nom à celui de Flamy et elle a changé d’adresse.  Tout s’est bien passé, puce injectée sans rébellion, vaccins mis à jour, nous sommes reparties, elle contente de quitter le véto, moi émue de ce bel héritage.

Nous allons poursuivre notre nouvelle vie, la voilà co-propriétaire, avec Bingo, de la maison, et je me demande quand elle pensera à me réclamer, elle aussi, un loyer…

J’espère que le montant n’en sera pas exorbitant….