Flamie, Princesse Myrtille, Marquise de Petits Pas

Cela fait maintenant un peu plus d’un an et demi que la Demoiselle a pris ces quartiers chez moi. Caractère bien trempé, machine à ronronner très fort, cet héritage au pelage tout doux, légué par mon Frère parti bien trop tôt, est une source permanente de surprises et de sourires. Si la cohabitation avec Monsieur Bingo n’est toujours pas simple, la Belle se sent de plus en plus à l’aise, et passe de nombreuses soirées couchée sur mon bureau, à coté de moi, voire à tchatter avec je ne sais qui, étendue sur mon clavier, actionnant les touches au petit bonheur la chance…

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MozAïque Musicale

C’était vendredi, le troisième jour, et ce fut encore un beau voyage…

Acte 1, scène 1, une étape à Madagascar dans le monde de Kristel, bassiste super Chat, chat les yeux, chaton les bonds, et ronrons dans les cordes vocales. Et puis… généreux le sourire, le peps, et le bonheur d’être là…  Découverte assurément décoiffante…

« I can’t stand the rain… » et ça tombe bien, puisque ça ne tombe pas, précisément, ou du moins, ça ne tombe plus… Les cieux sont cléments avec les musiciens qui les emplissent de notes et font valser les nuages… Deuxième étape aux Etats Unis, Don Bryant and the Bo-Keys nous mettent la tête en vrac et les jambes en boogie… Pas de photos, du coup, pour cause de flou…

La nuit s’achève au Danemark avec la bande à Thorbjorn Risager. Des gueules et des pointures qui avaient eu l’élégance de réviser leurs leçons de Français appris au lycée. Un joli moment de connivence avant que le rideau ne tombe sur cette troisième journée du festival Moz’Aïque….

 

 

Palabres en Noir et Blanc

Je ne sais pas d’où elles viennent, ni pourquoi elles sont là. Peut-être à cause de, ou grâce à, la nouvelle recette gras et graines que je concocte pour les oiseaux du jardin.

Je ne sais pas d’où elles viennent, les pies, je n’en voyais jamais avant, mais ces dernières semaines, elles ont pris leur quartier de printemps dans mon jardin.

Et elles jacassent.

Et elles ont de l’audace.

Ce soir, comme hier, alors que Bingo, Royal de Gouttière noir et blanc, était en délégation dans le pommier, une d’entre elles est venue le narguer, lui chercher querelle, tenter de l’intimider.

Elle se croit supérieure, perchée sur une haute branche. Elle l’invective, le sermonne, lui fatigue les oreilles.

Et les miennes aussi.

Hier il a failli prêter allégeance, dos tout arrondi, museau rose baissé. Il n’était pas prêt à l’attaque, elle a profité de l’effet de surprise.

Ce soir, il en fut autrement.

L’effet surprise n’a pas fonctionné.

Et puis j’ai rappelé à Shah que, si elle avait des ailes, elle n’avait que deux pattes, nous quatre. Et puis nous, on a des dents, elle non. J’ai bien vu que le coaching fonctionnait, Bingo a redressé la tête et la pie s’est envolée.

Non mais !!

Flamy la puce

Boule de poil de caractère, très attachante, petit moteur ronronnant fort, la Marquise à la robe bleue et blanche est entrée dans la famille il y a longtemps déjà, mais dans ma maison depuis quelques semaines seulement.

J’aurais voulu la ramener chez son ‘Père’, j’aurais tant aimé qu’ils se retrouvent et reprennent leur chemin ensemble. Mais la vie, en s’envolant, en a décidé autrement. Mon Frère a rejoint les étoiles que Flamy scrute, le soir, perchée sur le muret.

Aujourd’hui, elle et moi avions un rendez-vous très important, le premier ensemble chez le vétérinaire.  Identification en perspective, car elle est audacieuse et explore pas mal les alentours, et comme ça n’est pas encore son quartier, j’ai peur qu’elle ne se perde. Pucée, on se donne plus de chances de se retrouver. Mais il faut que la Belle soit assez calme pour le permettre sans sédation. Cela me parait préférable, elle a vécu assez de tourments ses derniers temps, moi aussi, nous n’avions pas besoin de nous en infliger davantage. J’en ai eu les tripes nouées toute la journée, j’avais la trouille de son comportement, que je connais encore bien mal, que j’apprends à apprendre. Les cliniques vétérinaires ne sont pas des lieux de récréation pour les quatre-pattes. Le succès de l’entreprise dépendait de sa réaction à la table métallique du véto.

Ce soir, à 18h15, par le biais d’une micro-puce glissée à son cou, je l’ai officiellement adoptée. Ce soir, j’ai accolé mon nom à celui de Flamy et elle a changé d’adresse.  Tout s’est bien passé, puce injectée sans rébellion, vaccins mis à jour, nous sommes reparties, elle contente de quitter le véto, moi émue de ce bel héritage.

Nous allons poursuivre notre nouvelle vie, la voilà co-propriétaire, avec Bingo, de la maison, et je me demande quand elle pensera à me réclamer, elle aussi, un loyer…

J’espère que le montant n’en sera pas exorbitant….

Petit Dictionnaire Chat à l’Usage des Humains Version 2017

“La théologie joue avec la vérité comme un chat avec une souris.” (Paul Valery)

“La théologie joue avec la vérité comme un chat avec une souris.” (Paul Valery)

 

Appartement / maison : lieu dont vous êtes locataire ou propriétaire, mais dont le chat bénéficie de l’usufruit, sans aucune forme de contribution financière. Il est à noter que la clause qui oblige l’usufruitier à conserver le bien en l’état, sans aucune destruction, ne s’applique pas avec les chats.

 

Canapé, deux ou trois places : trône de chat au singulier, souvent un peu étroit. Éventuellement aussi salle de réunion du chat avec lui-même, prend alors le nom de « salle du Chat Pitre » sur le modèle des Abbayes, ou ‘salle capitulaire’ où l’humain capitule parce qu’il n’a pas, lui, voix au chapitre.

 

Croquette / pâtée : dîme et gabelle versées dans la gamelle du Shah. La première pour la vénération due au Seigneur depuis que les Égyptiens ont déifié la bête sous le nom de Bastet ; la seconde pour le sel que le saigneur met dans la vie de l’humain. Pas d’impôt sur les cactus des griffes qui piquent, ni sur le chant qui pique les oreilles, c’est une chance.

 

Épaule, nue ou couverte : perchoir pour chat permettant à son regard toute la condescendance qui sied à son statut, tout en lui offrant un point de vue plus large sur l’étendue de son territoire. Sert aussi de reliquaire pour poils perdus, incrustés entre les mailles ad vitam eternam.

 

Lit : surface rectangulaire matelassée dont le centre est réservé au roi, que le lit soit ‘king size’ ou pas, et dont les bords sont réservés à la plèbe dont l’humain fait partie. Se rapproche des notions de ‘Haute Cour’ et ‘Basse Cour’ dans les forteresses miaoudiévales.

 

Miaulement : langue de chat sans beurre ni calories, donc parfaite pour la ligne, en particulier la ligne de conduite de l’humain ainsi régi. Bien que s’exprimant avec des sons différents des langues traditionnelles, elle est aisément compréhensible, facilitée par un apprentissage sur le mode ‘stimulus / réflexe’ et la répétition systématique.

 

Pantalon / bas / collant : griffoir douillet pour chat, douillet dans les deux sens du terme, confortable pour l’un, douloureusement ressenti pour l’autre. Qu’il soit griffé « grande marque » ou pas, il finit toujours marqué de griffes et a, par conséquent, une durée de vie et de présentabilité restreinte et une obsolescence programmée.

 

Rentir : verbe d’origine féline, composer du Français ‘rentrer’ et ‘sortir’ il est employé pour parler de l’hésitation dans la prise de décision au moment fatidique où le portier humain pose la question.

 

Ronronnement : gratification momentanée à l’égard de la main et de l’humain pour récompenser les bons et loyaux services. S’exprime sous la forme de bruits de moteur bien huilé. Sa durée limitée en fait sa préciosité.

 

Sommeil : période de réflexion intensive de sa majesté, activité très accaparante puisqu’elle peut durer 22 à 23 heures par jour. S’accompagne parfois de petits sursauts lorsqu’une idée fulgurante traverse l’esprit du chat.

 

Sortrer : autre verbe d’origine féline et de même composition que Rentir (voir plus haut) utilisé dans la situation inverse de la décision non prise du verbe précédent. Je sais, c’est compliqué, mais c’est ainsi que c’est, et cela prend du temps.

 

Traitement, soins : moment de contrariété intense et l’espace devient un ring où s’affrontent le chat et l’humain dans un combat inégal, l’humain n’ayant que des mains quand le chat a des griffes.

 

Visite chez le vétérinaire / rappel de vaccination : contrôle technique annuel du cha(r)t d’assaut pour s’assurer que la bestiole fonctionne bien et pourra continuer à assurer son règne tyrannique.

 

N.B. Les mots  ‘maître’, ‘remerciement’, ‘travail’, ont été définitivement exclus du dictionnaire achadémique pour cause de non-pertinence. 

 

 

Pour écouter la version audio du précédent dico, c’est ici (la mise à jour sera faite quand l’enregistrement le sera aussi) :

http://audioblog.arteradio.com/blog/3047008/la_plume_de_mouette/

 

 

Camouflage d’intérieur

♬ Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir… ♬

De jouir de ma veste,

Dès lors que Son Altesse

Décide d’y siéger…

Furieuse, mais juste un peu,

Dans une douce vengeance,

Je dégaine et je shoote.

Il déteste mes armes,

Mes trophées de pixels.

Moi j’aime la face claire

De mon Pierrot la Lune

Et c’est bien fait pour lui !

Carte Postale…

CARTE POSTALE 1

 

Et le clocher, une étoile accrochée à sa pointe, se découpe sur la nuit qui hésite entre chien et loup.

Derrière, l’horizon rougeoie encore des braises sur lesquelles le soleil s’est couché.

Quelques zébrures nuageuses taquinent la pureté du ciel.

Sur les toits, au premier plan, un chat gourmand s’entiche de la lune en croissant, regard fixe énamouré…

Ma rue comme une carte postale, invitation à la contemplation et à la rêverie.

Et l’esprit s’échappe, peu pressé de rentrer.

Qu’importe la fraîcheur de l’air, le vagabondage n’a pas froid aux yeux, et il se joue des kilomètres, rien ne l’arrête…

Les pensées filent le temps, traversent les océans, relient les continents.

Et trottent dans ma tête ces mots, cette chanson …

Universe am I …

Donovan, ‘Universe Am I’

  

 

CARTE POSTALE 2

 

(Pour écouter le texte mis en voix, cliquez ici)

 

© 13 décembre 2013 

Recyclage…

Il arrive, dans la vie, que l’on tombe sur un os.

C’est ainsi que, après le repas, au moment de vider les reliefs de mon assiette dans la poubelle, je me trouve confrontée à un problème de taille, sans point commun avec la taille de la poubelle ou mon tour à moi. Non, c’est bien plus grave que ça.

 

Il y a un os.

Là, dans mon assiette. Et je ne sais qu’en faire.

Je mange très peu de viande, et quasiment jamais de viande avec os. Je suis donc bien démunie devant mes quatre poubelles. Où mettre cet importun ?

 

La poubelle ‘déchets courants’ ? C’est celle du dernier recours et je n’y recourre que si, après réflexion, je n’ai rien trouvé de plus adéquat. Au fil du temps et des déchets, on sait, on fait presque machinalement, la poubelle nous tend le couvercle. Mais là, vraiment, cela demande réflexion.

 

Bac à compost

 

Campée devant le bac à compost, j’hésite. Les os sont-ils biodégradables ? Puis-je transformer l’animal en végétal ? Il me semble que non, sinon les catacombes auraient fermé leurs portes, les autres ossuaires aussi. Et les chiens de mes parents n’en auraient pas planqué autant dans le jardin. Les chiens, c’est pas bête, s’il y avait un risque de voir les os se décomposer, ils les cacheraient ailleurs, les mettraient au grenier.

 

Caisse à verre

La caisse à verre ? Le point commun entre l’os et le verre est que tous les deux cassent. Mais, quand ça casse, ça laisse des traces. L’os de mon assiette n’a ni plâtre, ni atèle, ni stigmate de fracture visible à l’œil nu. J’ouvre un placard de la cuisine, en sors la balance ménagère, le mixer, le batteur, le presse-agrume et le presse-purée, l’appareil à raclette, celui à tartiflette, la crêpière, le gaufrier, la cafetière électrique et la cafetière à piston. J’atteins enfin le microscope caché tout au fond. Un examen approfondi de l’os me permet d’affirmer qu’il n’a ni fracture, ni fêlure. Donc, la caisse à verre n’est pas adaptée.

 

Poubelle à recyclage

 

Le bac à recyclage ? Je vérifie la liste de ce qui se recycle. J’y trouve le mot ‘plastique’. Mon os n’est pas en plastique, mais il paraît que si l’on trempe un os dans du vinaigre assez longtemps, il se ramollit et devient caoutchouteux. Voilà une piste intéressante. Si je transforme mon os en os en os en caoutchouc, en tirant un peu sur l’élastique sémantique, je pourrais peut-être me débarrasser de ce déchet bien encombrant en le jetant avec les plastiques. L’assiette plate étant peu adaptée à l’expérience, je sors un récipient propre et mets l’os dedans. Je réalise alors qu’il me faudrait au moins un litre de vinaigre pour que la totalité trempe. Un litre, une bouteille à recycler, l’enjeu ne vaut pas le vinaigre, ça n’est pas écologique. Exit le bac à recyclage.

Poubelle à déchets courants

 

 

Alors je reviens à la poubelle pour déchets courants, presque sure que c’est le meilleur endroit possible. Presque. Parce qu’il me reste tout de même des doutes. Un os, c’est du vivant mort, et dans ‘vivant mort’ il y a ‘vivant’, au passé, certes, mais quelle qu’en soit la conjugaison, le vivant, ça se respecte. Je ne peux me résoudre à laisser cet os qui, somme toute, ne m’avait nullement manqué de respect, côtoyer les pots à yaourt, les mégots de cigarettes et le papier d’emballage de la viande après décès mais avant cuisson. Non.

 

Le problème est cornélien, et moi je n’ai pas de chien. Un chien pourtant aurait bien fait l’affaire. Je n’ai qu’un chat, et il ne mange pas d’os.

 

Je suis désespérée, je ne sais plus quoi faire.

Et soudain mon esprit allume la lumière. Maintenant je sais.

 

Équipée d’une pelle et d’une pioche, je m’en vais creuser mon jardin, à la lampe torche. Je vais y enterrer mon os.

 

Voilà, c’est fait.

Avec une pince à linge en bois, je fabrique une croix, comme lorsque j’étais enfant et que j’enterrais oiseaux et coccinelles. Avec un stylo à pointe fine et encre indélébile, j’inscris : ‘Ci gît Saturnin, cuisse de canard malchanceux. Repose en paix’. Sur la petite tombe, je dépose une bougie en espérant que l’âme de mon os s’envole au ciel. Je me sens apaisée, consciente d’avoir fait mon devoir….

 

Voilà, maintenant je vais aller ranger la balance ménagère, le mixer, le batteur, le presse-agrume et le presse-purée, l’appareil à raclette, celui à tartiflette, la crêpière, le gaufrier, la cafetière électrique et la cafetière à piston, le microscope, la torche, la pelle et la pioche … Demain matin, je vais chercher un chien. Et la prochaine fois que j’ai envie de manger de la viande, j’achèterai un steak, parce qu’il n’y a pas d’os dans le bifteck.

 

Si vous voulez écoutez le texte mis en voix, cliquez ici.

 

D’apostrophe en virgule…

Je lui ai dit bonjour, ce matin,

Il n’a pas répondu, hautain,

A conservé sa superbe,

M’a regardée avec dédain.

Pourtant il m’apostrophait hier soir,

Couché en boule, sur l’oreiller,

Ponctuation en blanc et noir,

Jamais en retard, ponctualité.

Dans l’activité nocturne,

Si mon amant me décoiffe,

Lui aime à remettre de l’ordre,

A coups de griffes dans ma tignasse.

Le manteau de la nuit s’étend,

Et à mes pieds, minuscule,

L’apostrophe redescend,

Et redevient simple virgule.

Quand le drap froissé indique,

Que j’ai congédié le sommeil,

Et qu’aux rêves je fais la nique,

Alors remonte ma merveille.

J’ouvre un œil, et puis les deux,

Je vois sa tête, sur moi penchée,

Comme si j’étais petit oiseau,

Et qu’il allait bien s’amuser.

J’aimerais qu’il vienne câliner,

Que dans mes bras il s’étende

Mais il a d’autres projets,

J’l’attrape, c’est moi qui commande.

Enfin … c’est ce que je croyais …

Black and white B - copie 2

Vous pouvez retrouver la version audio de ce texte sur l’audioblog d’Arte, en cliquant ici :

http://audioblog.arteradio.com/post/3067893/d_apostrophe_en_virgule__/