Réflexions sur Sable et Sel, Etosha National Park

Le soleil se levait à peine lorsque j’ai arrêté le moteur de la voiture auprès du point d’eau. Là, à l’écart de toute civilisation, j’observe les animaux venus s’abreuver avant de se mettre au frais, autant que possible, pendant les heures chaudes de la journée. Etosha National Park, Namibie, environnement d’une belle étrangeté, de sable clair, de sel, et d’arbustes décharnés, un paysage lunaire parfois. Sur le gris cendre du sol, ma voiture blanche ne dénote pas trop.

J’observe, respire, souris, m’émerveille, et l’esprit s’envole parfois vers la Lune, ou bien s’enfonce dans les profondeurs de la terre, le lieu y invite. Dans les allers retours de mes pensées, l’animal et l’homme se croisent, et naissent des questions.

Au bord de l’eau, déploiement d’impalas et de koudous, de zèbres et de girafes, de chacals à dos noir et de phacochères. Et puis un rhinocéros, et nombre d’oiseaux, au plumage discret ou coloré, probablement une myriade d’insectes et quelques reptiles aussi. Pas de prédateur à portée de sens, l’atmosphère est calme, tranquille, il règne ici une forme de sérénité, habillée de bruits paisibles, éclairée d’une lumière blanche à force de réfléchir le sel du sol. Ici, chacun vit sa vie, avec l’Autre ou à coté de l’Autre, unis par un objectif commun, boire, donc vivre, et soudés de fait contre l’ennemi, puisque l’alerte des Uns alertera aussi les Autres.

Moments précieux, débarrassés de tout superflu, épurés de toute frivolité, moments de retour à l’essence et à l’essentiel, je prends mon temps, sereine. Et les heures passent, seconde après seconde.

Lorsque je reprends contact avec ma réalité plastique et métallique et sa clé de contact, je réalise que mon véhicule carapace est complètement entouré. Que pendant que je me perdais en vues frontales et latérales, je n’avais pas ménagé mes arrières, et de nombreux animaux s’étaient, à leur tour, approchés du point d’eau.

Après un moment de panique réflexe, je suis littéralement encerclée, je souris à la vue des truffes, groins, et becs qui paissent, broutent, fouinent, bequettent, en s’ébrouant de ci de là. Je réalise que je ne suis pas envisagée comme une menace, et que, malgré mon allure étrange, toute de ferraille vêtue, et mes odeurs bizarres, malgré mes différences, je suis intégrée.

Dans la beauté nue de ce paysage, dans la tranquillité du moment, toute peur apaisée, le plaisir est intense.

Il faut repartir, se frayer un chemin. Je remets le moteur en marche, doucement, et patiente. Petit à petit les animaux s’écartent, sans heurt, et je peux reprendre ma route. Alors je me surprends à rêver que nous sommes nous aussi, les humains, capables de cela, d’accepter les différences, d’intégrer leur existence, et s’en enrichir. Vivre ensemble, les uns avec les autres ou seulement cote à cote. Que la mémoire revienne, que l’on se rappelle que nous sommes des maillons et, de ce fait, unis.

Se souvenir que « je suis parce que nous sommes ».

Et ne pas oublier d’aimer…

 

(nouvelle parue sous le titre ‘Bienveillance animale’, dans un recueil intitulé ‘Je suis parce que nous sommes’)

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Let’s pretend

On f’rait mine…

Que j’serais une princesse,

Je m’appellerais Dolores,

J’habiterais dans le donjon

D’un château de sable,

Un château en Espagne.

À mes pieds, des milliers,

De Princes Charmants, de soupirants,

Non visibles sur mes selfishs

Postés sur instagram, snapchat et twitter

Parce que mon smartphone

N’a pas de fonction ‘grand angle’

Mais crois-moi, oui, quand je te dis

Ma vie en tchat, derrière l’écran

Ma vie de rêve et mes licornes…

Tout est réel, j’t’assure.

Let’s pretend…

On f’rait mine…

Que j’serais immensément riche,

J’aurais, dans les poches, plein d’artiche,

Pour faire du shopping de luxe

Et mes fringues, ah non, sans façon,

Ne seraient pas des contrefaçons

Achetées sur le marché de Barbès

Ou dans le souk de Marrakech.

Ce s’rait du vrai, pas du fake

Et le DG sur ma ceinture

Ne s’rait pas pour Dingo et Gaga

Mais bien pour Dolce et Gabbana

Ma valise serait une Vuitton

Même si c’est une valise en carton,

Et l’gros lézard sur mon polo,

Pleurerait pas des larmes de croco

Let’s pretend…

On f’rait mine,

Que j’serais Johnny, Eddy ou Cloclo,

Que quand tu retiens la nuit,

Alexandra, Alexandrie,

Tes yeux sont couleur menthe à l’eau.

J’ai adopté tes sapes, ton look, tes paillettes,

Mes cheveux sont coiffés comme les tiens

J’ai mis de ta voix dans ma voix

Je bouge comme toi,

Je fais tes mimiques.

Et je milite sans limite

Pour le droit à l’imitation

Peut-être qu’un jour,

Je f’rais mieux que toi

Et si l’élève dépasse le maître,

Est-ce que l’élève devient un traitre ?

Let’s pretend…

 

Allez, stop, on ne fait plus mine,

D’être ce que l’on n’est pas,

Être soi, c’est déjà ça,

C’est déjà énorme même.

Prenons la vie sans les filtres,

Sans chichi ni tralala,

Sans fard ni falbala

Ouvrons nos yeux sur le monde,

Tel qu’il est à l’origine,

Sans luxe, sans leurres, sans marques,

Et on y trouvera notre place,

Pour s’en faire un nid,

Et y vivre heureux,

Essayons au moins, allez chiche ?!

Être toi moi nous, simplement,

Apprendre à s’aimer ainsi

Let’s not pretend any more…

 

Wisconsin

Bien sur, c’est difficile de tourner la page. Bien sur on s’est attachés, on a quand même passé pas mal de temps ensemble. Trente, trente-cinq ans ? Cinq ou six jours ?

Bill, c’est un petit bonhomme plein de rêve et d’imagination, amoureux de la nature et de ses créatures, le cœur bon, l’âme belle. Bill, écrasé sous la poigne alcoolique et mauvaise d’un être qui a oublié d’être humain. Bill, dont le miroir reflète une mère soumise, faible, et folle en devenir, une femme lettrée, qui accroche ses mots aux branches des arbres, ou les verse dans la rivière claire. Claire, c’est aussi son nom.

Jimmy. Jimmy le grand frère, protecteur, fier, qui veut en découdre pour prendre de la distance, s’auréoler de gloire, et ainsi souligner la couardise de son père.

Le Vietnam où les rêves sont réduits en cendre, et Jimmy s’effondre sous les tirs ennemis ou, pire, devient flamme dans le napalm. Mais il gagne sa liberté, celle de revenir hanter les terres qui lui sont chères, sa campagne du Wisconsin. Et de venir habiter chaque arbre, chaque cerf, chacun des êtres qu’il a aimés. Si John, le père abusif, semble peu affecté de ne plus revoir son fils, il en va différemment pour son petit frère, sa mère, ainsi que Rosemary et Ernie, deux voisins qui se sont pris d’affection pour les deux enfants, et ont toujours tenté de recoudre leurs ailes quand les grands les flétrissaient.

Wisconsin (The Turtle Warrior pour le titre original) est un roman qui sent le cèdre et l’eau vive, la tortue et la mousse, la nature dans ce qu’elle a de plus rude, mais aussi de plus beau. C’est une belle histoire de reconstruction, une décision prise de vivre, vivre ensemble, encore, et de s’aimer toujours…

Alors ça a été dur, oui, de tourner la dernière page…

(Roman de Mary Relindes Ellis, sorti en 2004, 438 pages dans l’édition 10/18, collection domaine étranger)

Quiz littéraire : Des Livres et Des Couleurs

En d’autres temps et d’autres lieux, j’ai élaboré quelques quiz que je publierai ponctuellement sur ces pages.

Ici un quiz sur le thème de la couleur en littérature…

J’espère que vous passerez un agréable moment, n’hésitez pas à indiquer vos résultats ou vos remarques en commentaire…

1 « La bicyclette bleue », de Régine Desforge, s’inspire d’un roman américain très célèbre. Il s’agit de :

A « Autant en emporte le vent »

B « Des souris et des hommes »

C « L’amant de Lady Chatterley »

 

2 Complétez le titre de ce roman de Gaston Leroux.

« Le mystère de la chambre —- «

A Verte

B Rouge

C Jaune

 

3 Michel Pastoureau a entrepris l’écriture d’une série d’ouvrages « Histoire d’une couleur ». Quelle fut la première couleur proposée aux lecteurs :

A Noir

B Bleu

C Vert

 

4 Où et quand se situe l’action du roman « Une saison blanche et sèche », de Nadine Gordimer ?

A Aux Etats-Unis, pendant la guerre de Sécession

B En Afrique du Sud, sous le régime de l’Apartheid

C En Inde pendant la décolonisation

 

5 « La ligne verte », raconte l’histoire d’un condamné à mort doté d’extraordinaires pouvoirs de guérisseur. Il a été écrit en 1996 par :

A Stephen King

B Mary Higgins Clark

C Dan Brown

 

6 De quelle couleur sont les âmes dans le magnifique roman de Philippe Claudel, paru en 2003 ?

A Bleues

B Roses

C Grises

 

7 Le film « La couleur pourpre » de Steven Spielberg, est l’adaptation de l’œuvre d’Alice Walker. S’agit-il, à l’origine :

A D’une pièce de théâtre ?

B D’un roman épistolaire ?

C D’une bande-dessinée ?

 

8 Qui devaient porter « La lettre écarlate », du roman de Nathaniel Hawthorne ?

A Les Catholiques

B Les étrangers

C Les femmes adultères

 

9 Le titre du roman de Tom Clancy, « Octobre Rouge », paru en 1984, fait référence à un équipement de l’armée soviétique. S’agit-il :

A D’un avion

B D’un porte-avion

C D’un sous-marin

 

10 L’histoire de « Un taxi mauve » se déroule en Irlande. Ce roman a été écrit par :

A Michel Houellebecq

B Michel Déon

C Michel Tournier

 

 

Quiz Des Livres et Des Couleurs : Réponses

1 « La bicyclette bleue », de Régine Desforge, s’inspire d’un roman américain très célèbre. Il s’agit de :

A « Autant en emporte le vent »

Vrai : Régine Desforge fut accusée de plagiat pour cet ouvrage.

B « Des souris et des hommes »

Faux : Ce roman de John Steinbeck n’a pas été l’inspirateur de Desforge.

C « L’amant de Lady Chatterley »

Faux : Ce roman est de D. H. Lawrence qui est un auteur anglais, pas américain.

 

2 Complétez le titre de ce roman de Gaston Leroux.

« Le mystère de la chambre —- «

A Verte

Faux : Additionnée à une autre couleur, la couleur recherchée

donne du vert.

B Rouge

Faux : La couleur recherchée est moins flamboyante.

C Jaune

Vrai : « Le mystère de la chambre jaune » est un roman

Policier publié en volume en 1908, dont les éléments

surréalistes et poétiques ont fait l’admiration de Jean Cocteau.

Ce dernier en signa la préface.

 

3 Michel Pastoureau a entrepris l’écriture d’une série d’ouvrages « Histoire d’une couleur ». Quelle fut la première couleur proposée aux lecteurs :

A Noir

Faux : C’est le deuxième ouvrage de la série, publié en 2008.

B Bleu

Vrai : Publié en 2002, cet ouvrage aborde différents aspects de cette couleur, son utilisation, sa symbolique etc.

C Vert

Faux : C’est le dernier ouvrage en date de la série, il a été publié en 2013.

 

4 Où et quand se situe l’action du roman « Une saison blanche et sèche », de Nadine Gordimer ?

A Aux Etats-Unis, pendant la guerre de Sécession

Faux : Plus tard, et sur l’autre hémisphère

B En Afrique du Sud, sous le régime de l’Apartheid

Vrai : Nadine Gordimer, Prix Nobel de Littérature en 1991, combattit l’Apartheid à travers plusieurs romans, entre autres actions.

C En Inde pendant la décolonisation

Faux : Gandhi n’est pas un héros de ce roman

 

5 « La ligne verte », raconte l’histoire d’un condamné à mort doté d’extraordinaires pouvoirs de guérisseur. Il a été écrit en 1996 par :

A Stephen King

Vrai : Ce roman fit l’objet d’une adaptation cinématographique par Frank Darabont en 1999

B Mary Higgins Clark

Faux : Mary Higgins Clark écrit des romans policiers.

C Dan Brown

Faux : Dan Brown n’avait rien publié encore en 1996

 

6 De quelle couleur sont les âmes dans le magnifique roman de Philippe Claudel, paru en 2003 ?

A Bleues

Faux : Les bleus de l’âme n’ont pas teinté celles-ci.

B Roses

Faux : Elles ne voient pas la vie de cette couleur.

C Grises

Vrai : « Les âmes grises », de Philippe Claudel est un superbe roman situé en 1917, dans un petit village de l’Est de la France. Il fut adapté au cinéma en 2007 par Yves Angelo.

 

7 Le film « La couleur pourpre » de Steven Spielberg, est l’adaptation de l’œuvre d’Alice Walker. S’agit-il, à l’origine :

A D’une pièce de théâtre ?

Faux : Pas de didascalies dans l’œuvre

B D’un roman épistolaire ?

Vrai : C’est un mélange de journal intime et de lettres.

C D’une bande-dessinée ?

Faux : Pas de bulles dans l’œuvre originale.

 

8 Qui devaient porter « La lettre écarlate », du roman de Nathaniel Hawthorne ?

A Les Catholiques

Faux : Si le Catholicisme n’est pas la religion dominante aux U.S.A. elle n’a jamais obligé ses croyants à se distinguer ainsi.

B Les étrangers

Faux : En dehors des Amérindiens, tous les autres habitants des U.S.A. sont d’origine étrangère, ce pays s’étant construit par la colonisation et l’immigration.

C Les femmes adultères

Vrai : Les femmes accusées d’adultère devaient coudre ce A de couleur écarlate sur leurs vêtements, afin d’être identifiées et mises au ban.

 

9 Le titre du roman de Tom Clancy, « Octobre Rouge », paru en 1984, fait référence à un équipement de l’armée soviétique. S’agit-il :

A D’un avion

Faux : La mer est un élément qui convient mieux à l’Octobre rouge

B D’un porte-avion

Faux : l’Octobre rouge préfère les profondeurs.

C D’un sous-marin

Vrai : Une histoire de mutinerie pour ce sous-marin, fleuron de la marine russe à son époque.

 

10 L’histoire de « Un taxi mauve » se déroule en Irlande. Ce roman a été écrit par :

A Michel Houellebecq

Faux : Houellebecq était encore un inconnu quand ‘Un taxi mauve’ a été publié.

B Michel Déon

Vrai : Paru en 1973 ce roman obtint le Grand Prix du roman de l’Académie Française. Une histoire de sentiments, de rencontres, qui emmène les lecteurs en balade, de la campagne irlandaise à ses pubs.

C Michel Tournier

Faux : Tournier est célèbre pour son ‘Vendredi et les limbes du Pacifique, entre autres, une histoire d’île mais ça n’est pas la bonne.

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(Je ne dispose pas ici d’un module ‘quiz’, j’ai donc adapté la présentation ‘au mieux’. Tout est perfectible, alors n’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez des suggestions, ou à indiquer votre score… ! )

Autres quiz sur le blog (cliquez sur le lien) :

Quiz Shakespeare

Quiz Victor Hugo

Quiz Littérature

Mon petit e.business

Ça y est, c’est décidé, je me lance moi aussi dans le commerce en ligne. Puisque sur la toile tout s’achète et tout se vend, et que j’ai besoin d’arrondir mes fins de mois, de moi, je crois que j’ai trouvé ma voie.

J’ai fait une bonne étude de marché et découvert un créneau, un filon à exploiter. Et j’ai conçu un concept, je vais vendre du cœur. Pas du Q, pas du sexe, non, ça n’aurait rien de novateur, mais du cœur, du e.coeur, voire geekcoeur, pour les gens qui en manquent,  ceux qui ont des haut-le-coeur,  qui ont mal au coeur, voire qui se sont lancés dans une aventure à coeur perdu et ne l’ont jamais retrouvé.

Vous trouverez donc ici une sélection d’organes ‘spécial web’, téléchargeables après acquittement de la facture, tarifs et bons de commande sur demande.

 

Cœur ardoise effaçable :

Format 20 X 30 ou 30 X 40 cm, pratique pour les amours crack-crack, de celles qui durent quelques minutes, effaçable à sec pour amours sans préliminaires quand le temps manque.

Fourni avec un marqueur noir référence ‘j’ai tout oublié’.

Lot de trois marqueurs de couleur en option.

Attention : difficilement transportable à cause de ses dimensions, à garder à l’écart des vêtements, il y a risques de salir les apparences et de nuire à l’apparat.

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Cœurs post-it :

Petit format, s’emmènent partout, disponibles en carnets de 50 ou 100 selon les besoins, particulièrement adaptés aux amours d’un soir ou d’une heure. Légers, en papier de bonne qualité, ils peuvent se repositionner plusieurs fois mais la durée de l’adhésion reste limitée.

Disponibles en trois coloris =

– cœur marron sur fond vert pour les amoureux de leur propre nature, les egologistes, référence ‘Que je m’aime’

– cœur noir sur fond rose pour les amours classiques, références ‘Que je baise’

– cœur rouge sur fond orange pour les overdynamiques, les cardiotoniques, référence ‘Vite je nique’.

En option : l’inscription ‘je t’aime’ en lettres romantiques ou gothiques.

Attention : ils ne sont pas waterproof, ne résistent pas plus aux larmes salées qu’à l’eau de mer, bien choisir son / sa partenaire. Légers, ils ne résistent pas non plus au vent du temps qui passe, ni au vent du changement.

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Cœurs magnétiques :

Plus résistants, ils sont repositionnables à l’infini pourvu que leur support soit bien dur et métallique. Particulièrement adaptés aux aventures multiples en simultané, on le pose, le décolle, le repositionne, sans altérer sa surface ni son adhésion.

Disponibles en différentes couleurs et différentes tailles =

– Grand cœur d’or, pour une générosité affichée sans trop d’engagements, référence ‘Je promets’ (grand succès dans les G20 entre autres)

– Grand cœur d’argent, pour une surface brillante et réfléchissante, référence ‘C’est beau ça brille’

– Petit cœur rouge, pour un amour passion, pas long et discret, référence ‘JE T’AIME’.

Autres coloris disponibles sur nuancier, taille adaptée à la demande, devis détaillé.

Possibilité de motif « cœur » : de pierre, d’artichaut, du problème. Un délai supplémentaire est à prévoir pour cette confection sur mesure.

Attention ! La base est piquante et les bords coupants, prendre des précautions au cours de la manipulation. De plus, par leur magnétisme ils peuvent s’amalgamer les uns sur les autres, risques d’embrouilles possibles.

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Cœur Bisounours :

 

Le plus gros de tous, pourtant très léger, tout est dans le volume rempli de creux, eux-mêmes remplis d’air. Particulièrement adapté aux amours Bisounours, celles qui ne durent que le temps d’un épisode et s’inscrivent dans une série. Par sa taille il impressionne, épate, et séduit.

Disponible en une seule taille, et un seul coloris, le rose, couleur ‘Planète Bisounours’. Référence «Quand je ne pense qu’à toi, je ne pense qu’à moi’.

Attention ! Penser à changer l’air de temps en temps, sous peine d’odeurs pestilentielles d’amour en putréfaction.

 

 

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Voici donc les produits disponibles, mais si vous en voulez encoeur, le catalogue s’étoffera ….

Amour en Requiem

On s’est aimé tellement si fort,

Qu’on s’en est fait mal au cœur,

Au corps, à l’âme,

Et sont venues les larmes,

Les armes de mots ou de silence,

Les silences de mort.

On a pris l’amour à bras le corps,

On s’est frotté, fritté, très fort,

Ont jailli les étincelles,

On aurait aimé la flamme,

Seulement la flamme,

Mais on a eu le brasier,

On n’a trop rien maîtrisé,

On s’est cramé les ailes, n’est-ce pas ?

Comment de cet amour si fort,

Est né un champ de ruines ?

Le mystère demeure…

On s’est cogné les différences,

Et plutôt qu’elles nous augmentent,

Elles ont fait une soustraction,

L’amour moins la compassion,

Moins l’empathie aussi…

On a multiplié les heurts,

Menant à la division.

Je ne rêvais que d’étoiles,

J’ai vu trente-six chandelles,

Le goût du sang dans la bouche,

Mais plus assez dans les veines,

Trop de pression dans la tête,

La tension en ambulance,

Le chagrin en perfusion.

Quel que soit notre rhésus,

Il faut se faire une raison,

Notre amour est atteint d’incompatibilité.

Une maladie mortelle,

Et je veille à son chevet,

Espérant que sur sa tombe,

Fleurissent les fleurs du pardon,

De l’oubli et de l’espérance,

Et peut-être un jour aussi

Murissent les fruits d’amitié…

(Pour écouter l’enregistrement du texte, cliquez ici)

(Rubrique ‘Sous la contrainte’ : Atelier d’écriture ) 

Elle, par bonheur, et toujours nue

Elle, par bonheur, et toujours nue

Elle, par Bonnard, et toujours nue.

Elle, c’est Marthe, enfin Maria.

Marthe, Maria… 30 ans de vie commune avant que Pierre Bonnard ne découvre, sous la signature de l’acte de mariage, que la femme qu’il peut peindre de mémoire, celle dont il connaît le corps dans les moindres détails, son unique modèle de nue, sa muse, s’appelle Maria Boursin et non Marthe de Meligny ; qu’elle n’est pas une aristocrate née en Italie, mais une femme sans titre née dans le Berry.

Marthe, Maria, leurre des couleurs de la naissance,

Pierre Bonnard, l’amoureux, l’observateur du temps et de ses variations en couleur…

Deux chemins qui se croisent, se rejoignent et n’en feront plus qu’un.

Et un auteur, Guy Goffette, qui peint ce chemin, cet amour, cette histoire, en petites touches de mots qui, mis bout à bout, imprimeront la couleur des phrases. Et toutes ces phrases, harmonieusement assemblées composent un bel ouvrage, comme une toile impressionniste que n’aurait pas reniée Bonnard.

« La couleur est une femme qui se gagne lentement, regard après regard, caresse après caresse. On sait tout de suite que ce sera long, un combat sans cesse recommencé avec la lumière. Et qu’il faudra souvent faire mine de baisser les bras, de quitter le champ et de se retirer dans l’ombre, le silence, la solitude. 

Car il s’agit maintenant de donner des voyelles aux couleurs et que la lumière chante, sur une partition sans fausses notes, pour l’œil qui écoute et se tait. » (p. 73)

« Elle, par bonheur, et toujours nue », de Guy Goffette,

Un livre comme une pépite,

Cent cinquante-et-une pages de bonheur

Pour découvrir ou redécouvrir Bonnard,

Sous la plume libre de l’écrivain.

Libre parce que…

‘La liberté a les plus beaux yeux du monde’, (p. 30)

 

(Merci Dominique pour cette belle découverte)

Mon parc d’attractions

J’ai sept ans.

Le blé pousse en épis dans mes cheveux, j’ai la tignasse en champ de bataille et les yeux qui pétillent. Je ris.

Je dois traverser l’Amazone, sur un tronc d’arbre couché, en mode funambule et en équilibre instable. J’ai peur.

Un ru, une branche.

Le bassin au nymphéas, Claude Monet

Dans mon maillot de bain rose vif, je mâchouille un brin d’herbe verte cueilli dans la plaine immense. Je ris.

Assise au bord du lac Michigan, il va falloir me mettre à l’eau. Mais je ne sais pas très bien nager. J’ai peur.

Un pré, une mare.

 

J’ai enfreint les consignes, décroché le fruit défendu, planté mes dents dedans et tout recraché. Beurk ! Je ris.

Il y a un dragon dans le donjon. C’est sûr, il va m’attraper, cracher du feu, me cuire, me dévorer ! J’ai peur.

Une pomme à cidre, un colombier.

 

Dans la maison des 3 Ours, je fais la tambouille. Je prépare une bonne soupe, ils vont bientôt rentrer. Je ris.

Mes pieds glissent dans les chutes du Niagara, et je sens le courant qui m’emporte vers les rapides. J’ai peur.

Une remise, la chute d’une rivière.

 

Je me suis faufilée sous les grilles. La demeure, des yeux ouverts, d’autres fermés, fait des clins d’œil. Je ris.

Il y a des fantômes dans le château, leurs silhouettes s’agitent, j’entends des hurlements lugubres. J’ai peur.

Les volets du manoir qui claquent, des arbres dans le vent.

 

Un cerbère garde l’entrée, je l’apprivoise de mon philtre magique, il se roule maintenant à mes pieds. Je ris.

Mais d’autres approchent en hurlant, je n’ai plus de potion qui calme, alors je tente l’apprivoisement, j’ai peur.

Un chien puis deux, quelques morceaux de sucre.

 

Dans une forteresse alliée, je troque armure contre tenue princière, remets de l’ordre dans mes épis. Je ris

L’allié s’avère être en colère, j’ai encore ignoré le code de conduite, j’affronte une nouvelle guerre. J’ai peur.

Short déchiré, les adultes.

Le Printemps, Claude Monet

De nombreux dimanches de mon enfance ont été faits de ces aventures-là. Un grand domaine, dont le propriétaire brillait par son absence, était notre royaume, le terrain de nos exploits. Des amis de mes parents en étaient les gardiens. Certains espaces nous étaient interdits. Sales mômes, sauvageons, nous jouissions de tout et bravions tous les ordres…

Souvenirs joyeux d’un âge perdu où nous avions encore tout à gagner.

 

Pour découvrir la version audio, cliquez ICI

 

D’autres travaux d’intérêt général…

C’était un atelier d’écriture, sur le thème ‘Les nouveaux travaux d’Hercule’. En cette période difficile, j’ai envie de le publier ici, parce que rêver d’un monde qui tourne bien, ça ne peut pas nuire… 

 » La Cour vous condamne à des travaux d’intérêt général dont la durée est indéterminée et fonction du temps nécessaire à l’obtention de résultats. »

C’est par cette phrase que s’achevait mon procès. Clémence de la cour, pas d’amende à payer, du temps à donner, et du temps, j’en avais. J’avais été arrêtée et mise en prison pour avoir, précisément, libéré de prison tous les oiseaux du parc zoologique. Tous s’étaient envolés, sauf les autruches évidemment. Si l’amour de la liberté donne des ailes, les autruches n’avaient apparemment pas le cœur sensible, elles ne décollèrent pas, tête dans le sable, tout occupées à se satisfaire du monde souterrain où elles avaient plongé leur bec.

***

J’étais entrée à l’atelier par un matin brumeux. La Dame qui m’accueillit, était belle, bien que marquée ici et là de cicatrices profondes. Une Dame sans âge, concentrée sur son ouvrage, je l’aidais, je faisais de mon mieux.

– ça ne tourne pas rond, non, toujours pas. Passe-moi une clé de 12 et une de 31, la clé de 24 aussi, on va tenter de ralentir la cadence, elle semble responsable de la mauvaise rotation.

Nous avons œuvré pendant un temps que je ne saurais évaluer, tant il était relatif à nos avancées, à nos doutes, à nos réussites, aux échecs rencontrés, à nos nouvelles tentatives …

Mais nous y sommes parvenues, nous avons réussi à desserrer les boulons du temps. C’était plus que nécessaire, tout allait trop vite, on ne maîtrisait plus rien, et surtout pas l’instant. Tout ce qui était neuf, nouveau, vieillissait à vue d’œil ; l’émotion et les sentiments n’avaient plus le temps de s’installer en profondeur ; la surface du globe était couverte d’une viscosité de miel ici, de fiel là… Nous en avons rétabli le PH, au plus près de celui de l’amour, fluidifiant ainsi l’ensemble qui pût, à nouveau, pénétrer les cœurs, jusqu’au cœur de la Terre.

Puis nous avons remis nombre d’humains à l’endroit, ils marchaient sur la tête. La plupart étant sur les sommets, on les repéra facilement, la chose ne fut pas compliquée. La rotation semblait se réguler, le travail était en bonne voie.

Ensuite, nous avons restauré la chaîne de solidarité, elle était cassée à de nombreux endroits. Notre émotion fut forte lorsque nous pûmes, enfin, réunir le maillon israélien et le maillon palestinien. Dans les canons syriens, nous avons planté en série des roses de Damas, leur parfum monta jusqu’à nous, jusqu’à provoquer l’ivresse et la liesse.

Enfin, répartir les couleurs, répartir le bleu et l’or, jusqu’alors concentrés aux mêmes endroits. De nos souffles légers et combinés, nous avons invité l’eau à se répandre pour mieux irriguer les terres et mieux nourrir les ventres, soigner les maladies aussi. Les richesses suivirent, richesses temporelles se mêlant aux richesses culturelles et spirituelles, il y en eut partout à proportions égales, l’équilibre s’installait.

S’élevèrent alors vers nous des millions de petites étoiles brillant au bord des yeux, le globe devint lumineux…

Et les cicatrices de Dame Nature semblèrent s’atténuer.

Un rêve, une utopie, mais je préfère largement cela à toute dystopie, même si, toujours dans le cadre d’ateliers d’écriture, la dystopie j’ai écrit aussi… A lire en cliquant ici, si vous le voulez… 

Petit Dictionnaire Chat à l’Usage des Humains Version 2017

“La théologie joue avec la vérité comme un chat avec une souris.” (Paul Valery)

“La théologie joue avec la vérité comme un chat avec une souris.” (Paul Valery)

 

Appartement / maison : lieu dont vous êtes locataire ou propriétaire, mais dont le chat bénéficie de l’usufruit, sans aucune forme de contribution financière. Il est à noter que la clause qui oblige l’usufruitier à conserver le bien en l’état, sans aucune destruction, ne s’applique pas avec les chats.

 

Canapé, deux ou trois places : trône de chat au singulier, souvent un peu étroit. Éventuellement aussi salle de réunion du chat avec lui-même, prend alors le nom de « salle du Chat Pitre » sur le modèle des Abbayes, ou ‘salle capitulaire’ où l’humain capitule parce qu’il n’a pas, lui, voix au chapitre.

 

Croquette / pâtée : dîme et gabelle versées dans la gamelle du Shah. La première pour la vénération due au Seigneur depuis que les Égyptiens ont déifié la bête sous le nom de Bastet ; la seconde pour le sel que le saigneur met dans la vie de l’humain. Pas d’impôt sur les cactus des griffes qui piquent, ni sur le chant qui pique les oreilles, c’est une chance.

 

Épaule, nue ou couverte : perchoir pour chat permettant à son regard toute la condescendance qui sied à son statut, tout en lui offrant un point de vue plus large sur l’étendue de son territoire. Sert aussi de reliquaire pour poils perdus, incrustés entre les mailles ad vitam eternam.

 

Lit : surface rectangulaire matelassée dont le centre est réservé au roi, que le lit soit ‘king size’ ou pas, et dont les bords sont réservés à la plèbe dont l’humain fait partie. Se rapproche des notions de ‘Haute Cour’ et ‘Basse Cour’ dans les forteresses miaoudiévales.

 

Miaulement : langue de chat sans beurre ni calories, donc parfaite pour la ligne, en particulier la ligne de conduite de l’humain ainsi régi. Bien que s’exprimant avec des sons différents des langues traditionnelles, elle est aisément compréhensible, facilitée par un apprentissage sur le mode ‘stimulus / réflexe’ et la répétition systématique.

 

Pantalon / bas / collant : griffoir douillet pour chat, douillet dans les deux sens du terme, confortable pour l’un, douloureusement ressenti pour l’autre. Qu’il soit griffé « grande marque » ou pas, il finit toujours marqué de griffes et a, par conséquent, une durée de vie et de présentabilité restreinte et une obsolescence programmée.

 

Rentir : verbe d’origine féline, composer du Français ‘rentrer’ et ‘sortir’ il est employé pour parler de l’hésitation dans la prise de décision au moment fatidique où le portier humain pose la question.

 

Ronronnement : gratification momentanée à l’égard de la main et de l’humain pour récompenser les bons et loyaux services. S’exprime sous la forme de bruits de moteur bien huilé. Sa durée limitée en fait sa préciosité.

 

Sommeil : période de réflexion intensive de sa majesté, activité très accaparante puisqu’elle peut durer 22 à 23 heures par jour. S’accompagne parfois de petits sursauts lorsqu’une idée fulgurante traverse l’esprit du chat.

 

Sortrer : autre verbe d’origine féline et de même composition que Rentir (voir plus haut) utilisé dans la situation inverse de la décision non prise du verbe précédent. Je sais, c’est compliqué, mais c’est ainsi que c’est, et cela prend du temps.

 

Traitement, soins : moment de contrariété intense et l’espace devient un ring où s’affrontent le chat et l’humain dans un combat inégal, l’humain n’ayant que des mains quand le chat a des griffes.

 

Visite chez le vétérinaire / rappel de vaccination : contrôle technique annuel du cha(r)t d’assaut pour s’assurer que la bestiole fonctionne bien et pourra continuer à assurer son règne tyrannique.

 

N.B. Les mots  ‘maître’, ‘remerciement’, ‘travail’, ont été définitivement exclus du dictionnaire achadémique pour cause de non-pertinence. 

 

 

Pour écouter la version audio du précédent dico, c’est ici (la mise à jour sera faite quand l’enregistrement le sera aussi) :

http://audioblog.arteradio.com/blog/3047008/la_plume_de_mouette/

 

 

Nowel

Sous

Des forêts

De ruban bolduc

Des bouts de Chine,

D’Inde et du Bengladesh,

Des bruits de chaînes qui tiennent

Des enfants

En esclavage,

Pour des Himalaya

De papier d’emballage,

Made in usines, made in douleur,

Paquets multicolores, plaisirs fugaces,

Jamais assez,

Assemblés sous la menace,

Des enfants rient, d’autres crient,

Suent, souffrent, triment, s’échinent,

Pour un bol de riz, ou une auge de soupe,

Soutien de leur famille,

Quelques yuans, quelques roupies,

Pour vivre, survivre, pour que demain existe

Ils n’ont pas le temps de jouer, qu’importe, ils n’ont pas les moyens

D’acheter ce que

Leurs mains construisent…

Si Jésus et le Père Nowel existent

Leur bienveillance n’est pas assez large,

Pour s’étendre au-delà de l’Occident, Ils oublient leurs autres enfants…

Et pendant ce temps,

Les calendriers de l’Avent,

Avant l’orgie de trucs en toc, Les sapins, les guirlandes,

Les anges en plumes, les étoiles, les boules, moi aussi je les ai,

(Elles ne sont pas brillantes).

Et les soirées paillettes

Allez, faut faire la fête

Puisqu’on nous le dit….

 

nowel