APicADay – L’Arno d’Or

 

C’est un pont sur l’Arno, un vieux pont, comme une rue bordée de boutiques, grouillante et bruyante du levant au couchant. Autrefois le fleuve était rouge du sang versé par les bouchers qui travaillaient là, dans leurs minuscules échoppes. Aujourd’hui, c’est d’or que le fleuve est teinté, les bijoutiers ont pris la relève, les bijoux s’étalent en vitrine.

L’Arno

Florence

La Toscane

L’Italie…

Comme un petit air de paradis…

APicADay – Florence

Florence vue d’en haut, du dome du Duomo. (Photo argentique numérisée)

J’ai, de mon arrivée à Florence, un souvenir très particulier.

J’ai voyagé en train, de nuit,  entre sommeil et rêverie éveillée, et je suis arrivée très tôt le matin… Alors…  Quitter la gare à pied, parce que l’hôtel parait tout près, et découvrir une ville à la beauté renversante qui se réveille à peine. Les volets métalliques des échoppes grincent sous les tours de manivelles qu’on actionne pour les lever, les trottoirs sont lavés à grande eau, le soleil, gourmand, commence à lécher la peau. L’étalage hétéroclite des articles à vendre ici et là écarquille les yeux. La ville est comme un grand orchestre où se mêlent les murmures, et les cris, les cliquetis des grilles et les pétarades de Vespa, de la musique tonique et l’amour en chanson, ici on prie, on parle fort, c’est le bazar, surement que le chef d’orchestre dort encore. Et c’est tant mieux. Effectivement, l’hôtel était assez proche et j’y arrive sans avoir vu le temps passer. Je suis émerveillée à l’idée de ce que j’ai à découvrir, et j’ai le coeur qui chante.

Prendre une douche, se changer, et partir à la conquête de la ville… C’est beau, Florence, au réveil…

 

APicADay – Que de Bruit et que d’Eau

Difficile d’entendre la chanson de l’eau à la fontaine de Trévi, tant le brouhaha est intense.  Pourtant, en se concentrant bien, on y parvient, et l’on finit par retrouver les accents d’une Dolce Vita et par entendre aussi les voix de Marcello Mastroianni et d’Anita Ekberg,

Impossible de flâner à Rome sans passer par là, et sans être impressionné par cette impressionnante fontaine aux allures de temple. Alors quand une mouette se pose sur un morceau d’Histoire, entre les tritons et Neptune, indifférente à l’agitation ambiante, Trévi devient très vite source de sourires…

 

Bergame 18 04 19 et 20

Le funiculaire déverse son lot d’habitants, d’employés, ou de visiteurs qui se dispersent.

Chacun son chemin, son restau, sa terrasse, son église ou sa petite place, chacun son truc.

Puis les ruelles reviennent à la lenteur et au silence de l’après déjeuner, du temps des siestes.

C’était il y a un an,

C’était après Milan,

C’était Bergame et ses hauteurs.

Ici tout invite à la rêverie ou à la contemplation.

Les points de vue sur la ville basse,

Les façades des maisons,

Les jardins qu’on entrevoit,

Les portes que l’on a envie de pousser,

Que l’on pousse parfois,

Pour découvrir un patio ou un cloitre.

Et puis la vie derrière les volets clos.

La vie, oui.

Les murmures puis les bruits qu’on retrouve sur les places,

Les cris et les rires installés aux terrasses,

Des glaces en plein soleil,

Mille parfums.

Et mille autres douceurs.

La ville inspire, expire, chuchote, s’agite…

Et vit.

Et puis…

Bergame 2020

C’est le silence en ambulance,

Et les ruelles en peine,

Les murs qui suintent le chagrin.

Et les maisons désertées.

Combien de visages croisés hier,

Peuvent aujourd’hui sourire encore ?

Il semblait faire bon vivre à Bergame,

Et puis… une saleté de virus.

Alors j’espère que cette ville se relèvera,

Plus forte et fière,

Plus solide et solidaire…

 

 

La Scala

Un, deux, trois…

Quelques volées de marches à monter pour atteindre les sommets, là où le rouge est mis, et l’or aussi.

Brouhaha feutré, photos prises à la dérobée, crépitements, bavardage des habitués… Pour certains La Scala est une extension de leur demeure, ils y ont des loges à demeure…

L’éclat des bijoux fait écho à l’éclat du cristal qui pampille les lustres. Les yeux écarquillés, je goute l’atmosphère, j’imprime les images dans la carte mémoire de mon cerveau en ébullition.

La Scala de Milan ! Comme un désir qui s’étoile en teinte réalité. Comme un rideau qui se lève sur un rêve. Comme un bonheur partagé.

Manon Lescaut, de Puccini. J’ignore encore que je connais déjà, j’ignore encore que les airs me seront familiers, parce que je les ai déjà écoutés, appréciés, en d’autres lieux et d’autres heures… J’ai une culture opéresque pas du tout dantesque, plutôt éthérée, voire complètement évaporée. Et pourtant, les belles voix me chavirent toujours, et les chœurs me font frissonner…

Quand le rideau se lève, que la salle s’obscurcit, je retiens mon souffle. Très vite, je me laisse embarquer dans cette histoire de femme, histoire triste comme le sont souvent les histoires de femmes écrites par les hommes.

Je ne quitte pas ma place pendant l’entracte, j’ai encore des ors et du velours à explorer, l’air des Airs à respirer, et je n’ai pas envie de diluer les larmes de Manon dans quelque verre que ce soit.

Lorsque l’orchestre rejoint la fosse, que le rideau à nouveau se lève, je repars en voyage avec l’amour en bandoulière, un amour en grande difficulté.

Quelle n’est pas ma surprise de constater que c’est au Havre que Manon me ramène « All Le Havre is asleep. The time has come ! » Cela m’accroche un sourire, je m’enorgueillis de savoir que même Puccini connaissait ma ville !

Standing ovation quand l’opéra se termine, j’applaudis à tout rompre, je viens de vivre un moment d’une belle intensité, je viens de réaliser un rêve…

(La Scala de Milan, le 16 avril 2019)

Bien sur, ce n’est pas La Callas que j’ai entendue, mais c’est bel et bien un des airs de Manon Lescaut qui est ici chanté…

 

Musique en Moz’Aïque

C’était mercredi, c’était le premier jour, ça sentait l’Italie, le soleil, il y avait dans l’air comme un grain de folie…

Et Vinicio Caposella…

Un peu plus tard dans la soirée, alors que le soleil avait crispé ses orteils aux fins fonds de la terre, et que l’atmosphère s’en était passablement rafraichie, Lalala Napoli est venu nous réchauffer au son de ses accordéons, violon et autre flute…

La soirée fut haute en couleurs, forte en gueules et en caractères… C’était la première, et c’était très bien….

 

 

Tranches (de vie) napolitaines, 8è et dernier jour : Et le linge aux fenêtres.

Départ dans quelques heures, dernière balade en ville, respirer encore l’air urbain, chaud, devenu familier. Ecouter encore ce tumulte plein de vie, sentir cette effervescence. Malgré tous les avertissements des étrangers mais aussi des Napolitains, je ne me suis pas sentie en insécurité. J’ai arpenté les rues de Naples en toute tranquillité, parce que je ne m’exposais pas trop aux risques. Rien d’important dans mon sac, il n’y avait rien à perdre… Ce matin, c’est un peu différent. J’ai sur moi les billets d’avion, de train, ma carte d’identité et ma carte bancaire… Tout ce qu’il est gênant de perdre au moment de partir. Alors mon sac pèse lourd, j’ai l’impression d’avoir un aéroport et une gare à porter…

Respire !

Respire, et regarde le ciel, bleu et blanc-de-petits-nuages-floconneux, lève la tête, et respire, oui… !

 

UNE RUE, DU LINGE 1

Alors je vois le ciel, zébré de fils de linge tendus entre les bâtisses. Sourire. Parler de l’Italie en termes de linge pendu aux fenêtres, ça fait cliché. C’est un peu comme les trois ‘B’ dont les Anglais ont affublé les Français : Bérets, Baguettes, Bidets. On le sait, en France, que ce sont des clichés. Si on consomme toujours de la baguette, on ne porte guère le béret, et les bidets ont disparu de nos salles de bain, si toutefois ils y sont vraiment entrés… Par contre, dans les hôtels de Naples, il y a des bidets ! Comme quoi… les clichés… ben c’est des clichés justement !

 

TRANCHE LINGE 3

Mais le linge aux fenêtres à Naples, c’est une réalité. Alors le regard s’amuse, c’est coloré, ça claque au vent, c’est beau. Puis il s’étonne de se sentir quelque peu ‘voyeur’ à observer ces ballets d’étoffes sur un rythme éolien…

Pourquoi cette gêne ?

Alors je me souviens que, lorsque j’étais enfant, la pratique était fréquente dans la ville où j’habitais. Et puis sont venues les interdictions, pour nuisances visuelles. Et plus tard les sèche-linge… Aujourd’hui, sur nos balcons, fleurissent les géraniums…

Le linge, c’est un peu de nous, de notre intimité, qui se dévoile au grand vent et au grand jour. C’est la couleur et la forme des sous-vêtements que Râ met en pleine lumière, la qualité des serviettes, les motifs des draps et enveloppes de couettes…. Etendre son linge à la vue de tous, c’est dire de nous des choses que nous avons appris à taire, pudeur et discrétion font la paire, on se cache…. Alors je comprends, oui, cet embarras qui s’invite…

 

TRANCHE LINGE 2

La ville disparaît à mes yeux, laissant la place à la mer et aux îles. Il fait beau quand l’avion atterrit, la température est clémente, une légère brise caresse les cheveux… Un temps à étendre son linge à la fenêtre… Bonjour Paris !

 

TRANCHE NAP LINGE 1

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