Un printemps, à Prague : 5 – En Bohême, le charme Opéra…

 

BOHEME OPERA 1

 

Lovée dans le velours, éclairée par les ors, j’ouvre grand les yeux. Bruissements et murmures, rires étouffés, comme une petite musique rituelle avant l’heure, comme un appeau qui tente de charmer un bel oiseau…

 

BOHEME OPERA 2

 

Le rideau rouge se lève tandis que baisse la lumière, un voile solennel recouvre l’assemblée devenue silencieuse, et puis captive aussi. Dans la fosse, l’orchestre entame les premières mesures, tandis que le décor révèle une misérable masure d’un faubourg parisien. Nous sommes en plein Montmartre.

Le spectacle s’ouvre sur un dix-neuvième siècle qui se ferme.

 

BOHEME OPERA 3

 

« La Bohème », un opéra de Puccini que je ne connais pas et que je découvre là, dans le superbe Opéra National de Prague. Pas un air familier sur lequel accrocher mon oreille, je craignais l’ennui, j’ai découvert la magie. Dans le lin brut et la soie des voix, j’ai couché mon âme le temps d’un drame, où l’amour et la mort se disputent la même femme.

C’est la première fois que je vais à l’opéra. Une expérience comme une partition écrite en notes d’émotion, sur la portée de mes sens …

 

BOHEME OPERA 4

 

 

 

 

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Un printemps, à Prague : 4 – Prague « normal »

Pourquoi voulez-vous aller à Zizkov ?

Vous pouvez prendre un verre dans la ville historique, il y a plein de bars ouverts le soir.

Il n’y a rien à voir là-bas.

Elle cherche ses mots, elle semble à cours d’arguments.

C’est juste Prague…. Normal…

Bon enfin… si c’est ce que vous voulez…

Elle fait une moue réprobatrice.

Martina sait ce qui est bien pour moi. Et ce qui est bien c’est ce qui est beau et qui ne ‘dépasse’ pas du cadre.

Réceptionniste à l’hôtel, la quarantaine rigide, héritage d’un autre âge peut-être, elle affiche une allure strictement impeccable. Tailleur bleu marine, jupe aux genoux, cheveux courts, teints, et mis en plis, elle me rappelle les publicités des années 60.

J’ai un mal fou à lui extirper les informations pour aller à Zizkov, quartier populaire et animé le soir, semble-t-il.

 

Tram, tram, tram, au fil du temps la rame s’enfonce dans la nuit. Ici, peu de réverbères, ils sont concentrés autour des monuments et des belles façades, loin donc.

PRAGUE NORMAL 1

Ce Zizkov où il ne faut pas aller, s’avère un lieu sans lumières clinquantes, mais où les petites loupiotes peuvent éclairer un bar en sous-sol, où l’ambiance est à la fête, et où la jeunesse praguoise se divertit. Un autre Prague, oui, mais tout aussi agréable de vie, de rire, de conversations animées, de chopes de bière dorée qui s’éclairent sous les plafonniers … Un Prague de rencontres avec les Praguois ‘normaux’, d’échanges et de discussions, d’éclats de rire aussi… Un environnement de HLM et d’immeubles grisâtres, de ruelles sombres et de boulevards bruyants. Au sortir de la ‘carte postale’, là où il n’y a peut-être rien de ‘beau’ à voir, il y a à entendre d’autres bruits de la ville, d’autres échos de vie(s), d’autres histoires et d’autres rêves.

PRAGUE NORMAL 2

J’ai passé une belle soirée, il faudra que je le dise à Martina…

 

 

 

 

 

 

Un printemps, à Prague : 3 – La vie de château…

A peine mon carrosse entré dans la cour, je vois Vladimir passer par la fenêtre et atterrir sur les pavés luisants de pluie, à quelques mètres de mon attelage.

C’en est trop ! C’est le troisième amant que mon mari défenestre cette année, cette situation devient intolérable. Tandis que sa réputation en acquiert de l’éclat, la mienne se ternit et les hommes me fuient. Comment les en blâmer, maudite que je suis ? S’il me veut tout à lui, qu’il s’en donne la peine ! Et puis qu’il cesse donc de trainer autour de ces catins qui grattent aux portes des salons où elles n’ont pas leur place.

L’orage gronde en mon ciel immédiat, je m’en vais de ce pas dire à mon époux ce que m’inspirent ses indélicatesses !

 

VIE DE CHATEAU 1

Je monte l’escalier aussi vite que possible, pestant contre ma robe dont les volants m’encombrent, et entre sans frapper dans le bureau de mon ministre d’époux. Je crie et je tempête, je fulmine et m’exprime, je rue et tonitrue, rien n’y fait. Il sourit, il aime me voir ainsi, volcan en éruption.

Soudain j’entends le clic de la porte de l’antichambre. Et un clic en écho.

Puis des centaines, des milliers, des milliards de clics, un assourdissement de clics ! Je me réveille sur le muret de mon sommeil. Un car de touristes vient d’arriver et tous ont dégainé leurs appareils photo plus vite que leur ombre pour mitrailler la scène. C’est vrai que, d’ici, la vue sur le château et la cathédrale Saint Guy est très jolie …

VIE DE CHATEAU 2

 

Drôle de rêve ! Ma journée au château et le soleil m’ont tourné la tête, je me suis cru comtesse l’espace d’une sieste… Et puis ces histoires de défenestrations à tire-larigot au cours de ma visite ont fait le reste… Il fut un temps où c’était ainsi, au château de Prague, les importuns ne prenaient pas la porte, mais la fenêtre !

 

 

VIE DE CHATEAU 3

 

De retour dans mon 21è siècle, à peine réveillée et largement tête en l’air, je pars très vite pour fuir la horde de touristes… J’en oublie mon sac à main sur le muret. Mais je l’ai retrouvé, ouf !

 

Un printemps, à Prague : 2 Sur les rives de la Vltava…

Sous sa voute changeante, bel écrin aux nuages, on déambule dans « Prague la Vieille » et « Prague la Nouvelle » comme dans un musée des Arts Décoratifs, mais à ciel ouvert.

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 1

Ici un immeuble de style ‘ Porcelaine Wedgwood’, là une bâtisse en ‘biscuit vernissé’, haute en couleurs ; plus loin, une façade Art Déco, et puis une Art Nouveau… Parfois on traverse une aile médiévale, on découvre une page Romane, suivie d’une gothique… Ou bien on croise un édifice « Barococo », dégoulinant de volutes en dorure, de guirlandes ouvragées… Ici ou là plane l’esprit d’Haussman.

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 2

 

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 3

A Prague comme à New York, on flâne le nez en l’air, pas tout à fait pour les mêmes raisons… Si les styles se côtoient sans complexe et avec plus ou moins de bonheur, plutôt plus que moins, tous ces bâtiments, tous ces monuments, sont harmonieusement mis en valeur par un ciel changeant et souvent habité de nuées. Ou, parfois d’un vol de cygnes sauvages…

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 4

Ici, le ciel aussi est un enchantement.

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 5

Lorsque la nuit tombe, la Belle se déguise en Opale d’Australie. Elle se pare de bijoux, Or, Ambre, Moldavite ou grenat et brille de mille feux, de mille couleurs. Toutes ces lumières habillent la ville d’étoffes chatoyantes, et certaines se reflètent à la surface de l’eau, dans une traine brodée d’ondes…

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 6

Alors, Prague devient un joyau sertie du ruban d’argent de la Vltava*, avec le Ruisseau du Diable en gracieux filigrane… .

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 7

Ecarquilleur d’yeux, le centre historique est une source d’émerveillement et d’étonnement, un réveil de tous les sens…

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 8

(*Prononcer ‘Valtava’. C’est la rivière qui traverse Prague, on l’appelle la Moldeau en Allemand. Elle souffla un beau poème symphonique aux oreilles de Smetana)

 

 

Un printemps, à Prague… : 1 Pour aller à Prague,…

Pour aller à Prague, c’est simple. Il faut … :

Une quinzaine de minutes de marche jusqu’à la station de tramway. Peut-être moins, en fait, mais j’ai arrondi à la valise supérieure. Plus lourd le poids, plus longue la perception du temps et de la distance…

Monter dans le tram, équipée d’une carte de transport « baguette magique », permettant encore moult trajets… Beurp ! Beurp ! Diantre, la composteuse mal réveillée semble vomir ma carte. ‘Invalide’, prétend la machine. Insistance vaine, regard gêné évitant soigneusement de croiser celui du conducteur dans le rétroviseur, et sourires contrits aux trois autres passagers mal réveillés eux-aussi.  Entamer un calcul des probabilités de se faire contrôler un samedi 2 mai à 7h30, en multipliant les jours fériés entre eux avant de les diviser par l’heure très matinale, et en y ajoutant la période de vacances scolaires propice aux congés, y compris des contrôleurs. Je n’ai pas eu le temps de finir mon calcul avant d’arriver à ma station. Je ne saurai donc jamais. Dommage.

Arriver à la gare ferroviaire largement en avance pour y prendre l’autocar. Un autocar est la version routière d’un train, mais avec un seul wagon. C’est beaucoup moins rapide, moins confortable, et il n’y a pas de toilettes. C’est l’ersatz de train que la SNCF propose pendant les grands weekends où des travaux de jour sont mis en chantier. Troquer ainsi 50 mn de rail contre presque 2 heures de route pour atteindre la prochaine grande ville…

Prendre enfin un train, direct et ponctuel, en direction de Paris. Profiter de ce moment de relative tranquillité pour plonger le nez et les yeux dans l’or et les couleurs sur papier glacé des guides touristiques. En même temps que par la distance, se rapprocher de Prague par l’esprit…

Une quinzaine de minutes encore pour aller à pied et toujours « envalisée », de la gare Saint Lazare à la station de bus à destination de l’aéroport. Paris, la foule, les voitures et les passages protégés mal protégés, les travaux sur le trottoir, rythme soutenu obligatoire… Il fait chaud, et moi aussi.

Trouver le bus, monter dedans, acheter un billet au chauffeur, chercher un espace pour ma valise, et pour moi une place assise. Garder un œil sur la montre, timing épuisant mais parfait pour le moment. Respirer.

S’enregistrer au comptoir de la compagnie aérienne. Marre des compagnies bas prix et des vols charters où les passagers applaudissent quand l’avion atterrit, comme si c’était un miracle alors que c’est pour ça qu’ils ont payé. Marre de prendre l’avion presque comme si on prenait le bus, un ‘air bus. Marre de contribuer à la dégradation des conditions de travail des personnels aériens… C’est donc une compagnie nationale et un vol régulier, bagage inclus dans le billet. C’est bon de se débarrasser de la fichue valise.

Se restaurer un peu avant de se diriger vers l’accès en « zone passagers », étonnamment fermée. Les voyageurs de tous les vols en partance se pressent devant des comptoirs vides. Mille ailleurs, mille raisons, mille impatiences… pour une même attente.

Le retard s’accumule, les passagers aussi, et lorsque les grilles et les comptoirs s’ouvrent, le flux est tel que les procédures de sécurité s’en trouvent affectées.

ALLER A PRAGUE AVION 1

Embarquer. S’installer tranquillement dans cet avion à moitié vide. Se laisser envoler pour effectuer en une heure quarante-cinq plus de kilomètres que depuis l’aube. Se réjouir de n’avoir même pas eu mal aux oreilles à l’atterrissage, et aussi d’arriver à l’heure bien que l’avion ait décollé en retard.

Quand, brutalement, le souvenir de la valise surgit dans la mémoire, arpenter l’aéroport pour la récupérer. Arrivée pauvre gueuse, retrouver toute sa majesté dès que les simples euros se changent en tchèques couronnes… Vouloir aller en ville, évidemment… Alors partir en quête du bon kiosque, de la bonne personne, des bonnes explications, des billets, de la sortie de l’aéroport et de la station de bus… !

***

Monter dans le bus, bondé, et regarder les alentours de Prague se dérouler sous les yeux. Zone industrielle, banlieue, quartiers périphériques, traverser tout le rayon pour enfin atteindre le centre.

Arrivée au ‘bord du centre’, trouver la station de métro « Ligne verte », descendre les marches, toujours flanquée de la valise, arriver sur un quai unique. Là, on ne peut pas se tromper, c’est facile, et rassurant par conséquent. Un métro arrive…

S’engouffrer dans la rame. La Vltava à traverser pour se rapprocher du château. Descendre en bas de la colline, à la station Malostranska. Retrouver l’air libre, les gens, et la rivière. C’est bon. Mais il reste encore une étape avant de se débarrasser de ‘vous savez quoi’ et de pouvoir mieux profiter de la ville.

Trouver la station de tramway, ligne 22, bonne direction si possible.

ALLER A PRAGUE TRAM

 

Prendre le tram. Avoir le sentiment de quitter la ville pour aborder les bois des hauteurs. Se demander dans quel lieu perdu se trouve l’hôtel, quand on l’avait espéré plutôt central. Descendre à la station Brusnice (prononcer « brousnitsé » ) et enfin voir l’hôtel, juste en face. Couleurs pastelles pour ce bâtiment ancien, autrefois rattaché à la ferme du château, si j’ai bien compris.

Quelques mètres de trottoir, une grande route à traverser, et ça y est, le voyage est terminé.

Compter 11 heures, 11 heures trente, pour valider toutes les étapes, et enfin s’octroyer une bonne tasse de thé bien chaud et bien mérité…

Regarder le soleil se coucher sur ‘Le Petit Coté’, avant d’enfiler ses pantoufles de vair pour aller découvrir la Prague nocturne…

 

Démocratie

Les mots… J’en suis curieuse, ils m’ont toujours attirée et je me pose souvent des questions à leur sujet, qu’ils soient sujets, verbes ou compléments… Et cela depuis la plus tendre enfance…

J’ai cherché à pallier à mon ignorance quand un mot, à mon esprit, était dénué de sens. Contexte, découpage, ou création personnelle, par tous les moyens à ma disposition, j’élaborais des définitions. Et lorsqu’un mot me semblait manquer, je l’inventais.

Parmi les mots qui m’intriguaient, ‘démocratie’ figurait en bonne place. J’ignorais ce qu’il voulait dire, et je ne savais même pas l’écrire. Qu’importe, pas froid aux yeux, je l’écrivais ‘démocrassie’ et cela devenait la « démonstration (démo) de l’ampleur de la crasse de l’humanité (crassie) ». Cela collait bien au découpage ‘racines et radicelles, rhizomes et tubercules » ainsi qu’au contenu des journaux d’information.

A l’école, on m’a appris le sens de ce mot-là. Enfin, le sens donné par le dico qui dit : La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain. Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », c’est l’une des définitions canoniques couramment reprises.

Il semble que le mot ne soit pas sorti du dictionnaire pour s’inscrire dans la réalité, et je trouvais que le monde était plus démocrasse que démocrate.

Et la vie, la vie qui déroulait son cours sous mes jeunes souliers ne me montrait rien de la démocratie. Je me demande parfois quelle est la part de responsabilité de cette découverte dans ce que l’on appelle ‘la crise d’adolescence’ ,tant la différence entre ce que nous enseigne l’Education Nationale et ce que fait l’Assemblée tout aussi Nationale est flagrante. Alors… il y a de quoi se rebeller, non ?

Je pense au père de Mimi, ex-veilleur de nuit qui vient d’être licencié pour s’être endormi dix minutes sur son temps de travail. C’est la caméra de surveillance qui l’a dénoncé.

Licenciement pour faute professionnelle, pas d’indemnités, peu d’espoir de retrouver du travail avec une casserole pareille. Il ne dort plus la nuit, du coup, il ne dort plus du tout tant il est tourmenté, il ne sait comment il va nourrir sa famille.

Et pourtant, à la télévision, le père de Mimi voit des députés, parmi ceux qui sont présents, roupiller à gauche comme à droite de l’hémicycle. Il dit que c’est à cause des déjeuner de la ‘cantine’ de l’Assemblée où les repas sont copieux et raffinés. Alors ils digèrent, ils dorment tranquillement plutôt que de s’occuper du navire France qui menace de sombrer. C’est pourtant pour cela qu’ils ont été élus et qu’ils sont rémunérés, par le peuple.

Eux aussi dorment devant les caméras et ils dorment bien plus de dix minutes. Impunément, hélas.

Parce que là, je crois que le père de Mimi, qui fait partie du peuple, et tout plein d’autres gens du peuple, voudraient bien licencier ces députés qui ne font pas leur travail. Mais le peuple n’en a pas le pouvoir.

Le pire, c’est qu’on les a élus ! Nous sommes responsables d’une certaine façon. Mais que dire du gouvernement ? On élit un président qui paraît déterminé, avec un programme… euh, indéterminé. Et puis on s’aperçoit que le président est un type comme un autre, et qu’il est parfois trop occupé par sa vie personnelle pour bien s’occuper du navire. Mariage, divorce, maîtresses, tout cela prend du temps, et occupe l’esprit, on peut en devenir distrait et c’est très mauvais pour les affaires du paquebot.

Cela explique en partie pourquoi le président doit avoir des ministres, en particulier un premier ministre. Et les ministres, on ne les élit pas.

Et quand on voit leur cote de popularité, il est clair que le peuple n’en veut pas. Eh bien, là non plus, le peuple n’est pas souverain, C’est d’autant plus exaspérant qu’ils parlent ‘au nom de la France’, comme s’ils savaient ce que les Français veulent, et ce qui était bon pour nous. Ils vivent à des années lumière d’Euros et de paillettes de nous, alors que savent-ils de nos préoccupations, de notre nécessaire ?

Je pourrais vous parler aussi du grand frère de Paul qui a pris une grosse amende et trois mois de prison avec sursis pour avoir volé des vêtements dans une boutique. Maintenant il est fiché. Il se tient à carreau. Mais il en a lourd quand il regarde les infos et qu’il voit tous ces hommes politiques mis en examen pour des affaires équivalentes à plusieurs milliers de vêtements de la boutique, et qui toujours s’en sortent, sans trop de bobo. Ils reviennent sur le devant de la scène, comme si de rien n’était… Alors le frère de Paul, qui fait partie du peuple, et tout plein d’autres gens du peuple, aimeraient bien pouvoir débarrasser la scène politique de toute cette immoralité. Pour qu’aux sommets de l’Etat, l’exemple soit montré. Eh bien non, ça non plus le peuple ne le peut pas. Il est condamné à supporter ce spectacle affligeant.

De la même façon qu’il est impuissant lorsque l’argent durement gagné et reversé en impôts divers et variés se trouve dilapidé en coquetteries et autres luxeries par les serviteurs de l’Etat. Impunément. Cet argent-là est définitivement perdu pour vous, pour moi, pour le père de Mimi et le frère de Paul…. . Il faudra payer encore plus d’impôts pour compenser ces pertes-là… Et de cela non plus, le peuple ne veut pas.

Non, non, décidément, les politiques ignorent ce que le peuple veut, ils ne peuvent comprendre ce qu’ils ne connaissent pas, et toutes les mesures d’austérité qui nous sont imposées ne les affectent pas.

Gouverner un pays comme on gouverne une entreprise n’est pas une bonne idée. Pas plus que d’élaborer des réformes passées en force, en introduisant plus de surveillance et en réduisant les libertés. On oppresse, on opprime, on blesse jusqu’à parfois susciter le suicide. On met des pansements ici ou là, on plâtre pour camoufler la plaie, plutôt que de soigner la maladie qui sévit sur le navire. La France va mal. Oh, pas au sens où les politiques le disent, non. Eux n’en savent rien.

Un pays, ça n’est pas une entreprise. Et puis quoi encore ?!! Ayons un peu d’humilité pour voir tout ce qui nous a précédé et tout ce qui nous entoure. Regardons la magie de la vie au cours des millénaires, les capacités d’évolution, les merveilles dont nous sommes capables. Ayons l’humilité de reconnaître que le système dans lequel nous vivons est une erreur de parcours, et essayons autre chose.

Economisons tout l’argent du mal-être, le coût des burn-out et autres tragédies, et destinons-le à rendre la vie meilleure.

Repensons les priorités, les besoins, pour qu’il en soit autrement. Et si on essayait le BONHEUR ?

Une société laïque, voire ostentatoirement laïque, qui a séparé l’Eglise de l’Etat en 1905, ne peut se construire sur l’idée que nous sommes sur Terre pour en baver. Non, ça c’est une théorie judéo-chrétienne qui ne concerne pas le bateau France Je ne suis pas née pour réparer les erreurs d’Eve. Je connais trop bien la perfidie du serpent, j’ai vu ‘Le livre de la jungle’, et je n’aime pas les pommes crues, alors je ne trouverais normal de payer pour un méfait que je n’ai pas commis.

Si nous étions sur terre dans le but d’en baver, il me semble que cela se saurait. Et cela mettrait à mal les notions d’amour maternel et d’amour paternel. Comment envisager que les parents fassent des enfants pour qu’ils en bavent ?! Non ! Les parents souhaitent, en général, le bonheur de leurs enfants.

Mais comment être heureux sur un navire qui sombre pendant que le personnel aux commandes dort, se marie, divorce, séduit, ou part en vacances vers d’autres coffres forts, les valises bien chargées…?

Comment être heureux dans l’âpreté de ce système qui ne correspond pas à la définition de la démocratie ? Et si on en inventait un autre ? Et si on cherchait un autre modèle pour que le P.I.B. devienne Potentiel Intérieur de Bonheur ?

Et à l’avant du navire, on pourrait lire ‘Liberté, Egalité, Fraternité, Bonheur’, un cap à suivre, un objectif à atteindre…

Si le peuple est souverain…