APicADay – Tutoyer les nuages

Abbaye de Jumièges

Arpenter les étages supérieurs, côtoyer les toits et tremper ses doigts dans le bleu des cieux, se mettre de la couleur jusque sous les ongles.

Caresser les nuages, doucement, tendrement, barbouiller de la mousse blanche sur le bout de son nez, apprivoiser les cumulonimbus, leur raconter des histoires, et finir par les tutoyer…

Il fait bon se promener à l’Abbaye quand le ciel s’offre ainsi…

APicADay – Meloe proscarabaeus

Il y a quelques minutes, je ne savais pas comment il s’appelait, l’animal.

Alors, comme le bleu de sa carapace me faisait penser à du Lapis Lazuli, je l’ai appelé ainsi.

Enfin, juste Lapis.

Quelques recherches web plus tard, je sais que c’est un Meloe Proscabaraeus.

Un coléoptère, donc…

L’est beau, non ?

APicADay – Mais qu’est-ce ?

Dunkerque toujours, le port encore, comme un pole d’attraction

toits de métal

brûlés sous la caresse ardente le soleil,

rouillés sous les pressions des dépressions et des pluies hallebardes

usés par l’étreinte du temps,

enchâssés sur des chaussons béton durs, gris et peu avenants.

Ici l’herbe est sèche, la terre aussi,

ici la vie est dure, quel que soit le bleu du ciel…

APicADay – Là où je vis / 1

Il est des jours ainsi, où le bleu tourne au vert et le ciel aux gris…

Là où je vis, les courbes épousent les droites,

Et les Optimistes, les lignes de fuite.

Il y a des ponts, et des éruptions de culture jaillissant d’un Volcan.

Et puis cette flèche qui flirte avec le ciel.

Et puis…

Et puis…

Tant encore…

 

 

Ailleurs… Loin… Tout près…

Après La Bouille, ses chats noirs et ses eaux captivantes, la route du retour recelait d’autres surprises…

Sous la voute changeante, de nuages chargée, bleue mais pas que, les couleurs s’offraient sans réserve.

Vert des champs et des prés, brun de terre, jaune colza, s’exposaient dans une géométrie variable.

J’étais à seulement huit, sept, puis six… dizaines de kilomètres de chez moi, mais je ne reconnaissais rien, je posais un œil neuf sur tous les paysages que me révélait la journée.

Je redécouvrais tout, avec bonheur…

J’étais ailleurs, loin, et pourtant tout près…

 

De l’eau de La Bouille

Le ciel reflétait sur l’eau ses humeurs

Qu’il avait très changeantes,

Ici, un amas de nuages boudeurs

Engrisonnait le fleuve.

Là, les trompettes du vent

Avaient soufflé les cumulus tristes

Mais gardé quelques réserves,

Au cas où… la pluie.

Alors le bleu de ciel reprenait du terrain,

Et la Seine, du vert et de l’outremer.

Elle était haute, la Belle,

Et léchait les parapets.

Elle avait un air de mystère,

Une rondeur grondeuse,

Insondable et dangereuse.

Je ne peux passer sur ces rives,

Sans penser à Léopoldine Hugo

Et son malheureux naufrage.

 

Elle était belle la Seine, ce jour-là

Belle et cruelle un peu…

 

La Bouille, 8 mai 2019

Les P’tits Bateaux…

 

On avait convoqué les bleus,

Ceux du ciel et de la mer

Des bleus profonds, et puis des clairs,

Et aussi invité Éole avec toutes ses trompettes,

Fallait que ça souffle,

Fallait de l’air dans les voiles,

Et puis le vent en poupe

On avait prié le soleil pour qu’il se montre généreux,

Pour qu’il souligne d’un trait gracieux

Nos blanches falaises,

Tout, on a tout eu !

Coquilles de noix en défilé,

Triangles multicolores

Rails d’écume…

C’est que…

Si on sait accueillir, ici,

On sait aussi raccompagner…

(Départ de la Transat J. Vabre, novembre 2017)