Haïku de Vert, de Lait

C’était une sortie aux Jardins Suspendus, en octobre dernier, un jour de semaine, des allées désertes ou presque, une lumière très particulière et de la douceur dans l’air…  Un moment suspendu, lui aussi…

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En marchant…

Ce soir-là, il y avait des lueurs étranges. C’était comme si le soleil ne savait pas où se reposer, ici, ou là, ou bien comme si le ciel avait invité plusieurs soleils à la fois…

Les villes de bord de mer ont ces lumières particulières qui vous attrapent l’oeil et vous l’écarquillent, Dunkerque ne fait pas exception à la  règle…

Le grand chantier

Il y avait eu du laisser aller, un peu de négligence dans l’air, comme un retour de vacances, la tête encore à Buenos Aires ou sur une plage de la Manche…

Il fallait remettre de l’ordre, il y avait du pain sur la planche.

Convocation générale, toute l’équipe dans mon bureau !

D’abord remonter les bretelles des couleurs, et renvoyer Azur, Smalt et Safre au dernier étage, pour qu’ils me mettent du bleu plein les cieux.

Le rose ? En joue !

Le rouge à la bouche et au cœur.

Le jaune dans mon soleil, et le vert dans le printemps déguisé en automne.

On y voyait déjà plus clair…

Puis j’ai convoqué l’Instant, je l’ai goûté pleinement.

Un grand bol d’air, de légèreté, pour une belle et grande respiration en forme d’aspiration à la joie.

Enfin, je me suis longuement entretenue avec la Bande à Bonheurs, les petits, les grands, avec ou sans majuscule mais toujours avec majesté. Je les ai regardés, appréciés, et je les ai pris dans mes bras…

Prête pour une nouvelle rentrée, et pour toutes les vies qui commencent…

 

 

 

Jumièges, a stairway to heaven

31 juillet 2018

Jumièges, histoire de sillonner les méandres de la Seine, d’en adopter les boucles, de prendre un grand bol d’air, et de contenter le regard.

J’avais engrangé en mémoire des pierres plus sombres, plus moussues, envahies par le lierre, dévorées par le vert, servies à la table de la végétation qui semblait se régaler des restes de cette abbaye. Si ma mémoire était relativement fiable, le temps et la belle volonté avaient œuvré pour redonner d’autres couleurs à la Belle.

Splendeur d’architecture que les révolutionnaires ne goutèrent guère, elle fit alors carrière en tant que carrière. Les pierres en furent démontées une à une, pour servir d’autres causes que les lois divines. Et les années, les siècles, aggravèrent les outrages, les édifices tombèrent en ruines…

Mais quelles ruines !!

C’est finalement en devenant athée que l’abbaye gagna le ciel. Il est partout, partout visible, où que se posent les yeux. Et il dessine avec grâce toutes les lignes des édifices, toutes leurs ouvertures. Dans la chaleur quasi caniculaire de ce jour de l’extrême juillet, il nous fit l’aumône de quelques coups de brise, et le don magnifique d’une flopée de nuages de formes et de couleurs diverses. Parfois la noirceur d’un cumulo-nimbus semblait menacer de tempête ou d’orage. Simple menace, le jour fut aussi sec que les jardins à la française devant la maison des abbés…

Il n’empêche…

Je me suis perdue en rêveries et en émerveillement au milieu de ces ruines… Oh, la belle journée…