APicADay – Ligne Rouge

Quand le soir s’installe,

le rouge sort et attend la nuit.

En espérant l’apprivoiser

pour, sans scandale,

et comme Stendhal,

s’unir.

Parce que, quand vient le soir,

le Rouge et le Noir

ne s’épousent-ils pas ?

Et ça, c’est le grand Jacques,

et moi je me Brel….

APicADay – Géométrie portuaire 2

C’est ‘carré’ un port, enfin … je veux dire… c’est ‘tiré au cordeau’.

C’est des droites, horizontales, verticales, obliques, mais droites, oui.

Tandis que le ciel et la mer, eux, aiment les rondeurs,

rondeurs des nuages et des vagues,

volutes de cumulonimbus et d’écume,

crêtes arabesques et stratus effilochés…

Le ciel et la mer, complices depuis la nuit des temps,

se répondent en fantaisie irrégulières

que le port, lui, essaie de dompter…

APicADay – Déplacement de regard

Au pastel du ciel et au coton des nuageons répond le vert métallique de la mer

le vent fait claquer les mâts et l’écho répond en cliquetis qui se répètent à l’envie

la lumière argentée purifie l’atmosphère et fait vibrer les couleurs.

Embrasser la ville de la digue, c’est déplacer le regard

et s’imaginer être, le temps d’un temps, debout sur le pont d’un bateau

déjà au large, déjà en partance…

 

 

APicADay – Maman Bateau et ses Petits

Photo du jour, promenade sur la digue nord

Comme une Maman Cane et ses Canetons,

Dame Bateau ramenait ses petits,

à l’abri, à quai

après une séance de jeux

en eau salée.

Derrière la digue on voyait l’aileron

d’un voilier-requin

espèce pas dangereuse

qu’on observe fréquemment

dans les eaux du port de plaisance…

APicADay – Sardines Marines

Est-ce un banc de sirènes ou un banc de sardines accroché là au ponton…?

Est-on obligé de manger du poisson ?

Je me pose la question.

Moi, le poisson, je n’aime pas,

Doit-on me blâmer pour ça ?

Il me semble bien que non.

D’autant que le poisson, c’est toxique

vu qu’il est farci au plastique,

au coton-tiges et au polystyrène.

Et puis, il y a des sirènes,

qui n’ont pas grandi assez vite

et sont restées des sardines.

Sérieusement, qui aurait envie de manger des sirènes ?

Dans le doute, je m’abstiens donc…

APicADay – Mais qu’est-ce ?

Dunkerque toujours, le port encore, comme un pole d’attraction

toits de métal

brûlés sous la caresse ardente le soleil,

rouillés sous les pressions des dépressions et des pluies hallebardes

usés par l’étreinte du temps,

enchâssés sur des chaussons béton durs, gris et peu avenants.

Ici l’herbe est sèche, la terre aussi,

ici la vie est dure, quel que soit le bleu du ciel…

APicADay – Mettre les Voiles

Le ciel était laiteux ce jour-là encore, pastellisant ainsi toutes les couleurs. Les voiles en contrebas étaient tranquilles et nonchalantes en l’absence de tout vent. Pas même une petite brise pour venir les agiter et leur donner envie de prendre la mer.

Alors mettre les voiles ? Ok, mais après la lenteur du temps et la douceur d’une sieste dans le silence des drisses.

APicADay – Apostropher le ciel

Le soleil, fatigué, avait toutefois encore son mot à dire avant d’aller se vautrer au sein de sa mer-e.

Il voulait raconter les nuages, le pourquoi le comment, pourquoi noirs pourquoi blancs, et pourquoi la mer d’huile et les reflets d’argent…

C’était le ciel qu’il apostrophait, il avait pris la forme qu’il fallait, mais les digues, elles aussi, étaient toute ouïe…

APicADay – Pas Impressionnées

Le ciel se prenait pour Monet, avait sorti sa palette et peint des taches blanc bleu gris jusqu’à l’horizon.

Nous, ce qu’on voulait, c’était des couleurs qu’ont du peps, des qui nous sautent aux yeux et font tourner la tête.

Alors on a sorti les rouleaux et repeint tous les bateaux.

On trouvait ça plus beau…

 

(petit clin d’oeil à Réjane qui était de cette toile-là et passe par ici, parfois, sans faire de bruit, à petits pas… )