Ville haute, ville basse

Atteindre les hauteurs des Jardins Suspendus et plonger le regard sur la ville de cubes et de blocs qui s’étend à nos pieds, ou bien dans l’immensité bleue. Ici c’est falaise, craie, verdure, et le ciel bleu azur, parfois ennuagé, rarement toute une journée. Ici c’est arbres, buissons, plantes, fleurs, oiseaux, insectes, nature, voire soucoupe volante, et des bancs pour s’asseoir quand la beauté épuise. Ici c’est ailleurs, c’est chez soi mais c’est loin, parce que le rêve emporte jusqu’à d’autres époques, jusqu’à d’autres lointains. Fermer les yeux, inspirer, ouvrir les yeux, expirer, prendre un coup de soleil, un coup de merveille, et se laisser embarquer…

Une fois perché(e), il faut redescendre, quitter les poumons de la ville et se rapprocher du cœur. Pour descendre, il faut parfois accepter de remonter un peu pour épouser au mieux les courbes audacieuses de la Belle, en caresser les flancs. Dans les rues qui serpentent, longer les demeures cossues, ventrues comme des sacs de café, coton ou chocolat, maisons rouge brique, mais rouge sang aussi, propriétés d’armateurs ou bien de négociants, riches d’un commerce en forme géométrique, un triangle isocèle pour sceller quelques sorts. Lever la tête, les yeux, vers l’ardoise ou les tuiles des toitures qui encadrent la mer à son tour suspendue. Et s’étonner de voir, entre deux faîtages de plomb, voguer des bateaux sur une ligne d’horizon située en altitude. Perspectives décalées, géométrie bousculée, une ville à étages.

Le Havre, ville haute, ville basse, ville de contrastes, pépinière d’émotions…

 

En marchant…

Ce soir-là, il y avait des lueurs étranges. C’était comme si le soleil ne savait pas où se reposer, ici, ou là, ou bien comme si le ciel avait invité plusieurs soleils à la fois…

Les villes de bord de mer ont ces lumières particulières qui vous attrapent l’oeil et vous l’écarquillent, Dunkerque ne fait pas exception à la  règle…