Musique en Moz’Aïque

C’était mercredi, c’était le premier jour, ça sentait l’Italie, le soleil, il y avait dans l’air comme un grain de folie…

Et Vinicio Caposella…

Un peu plus tard dans la soirée, alors que le soleil avait crispé ses orteils aux fins fonds de la terre, et que l’atmosphère s’en était passablement rafraichie, Lalala Napoli est venu nous réchauffer au son de ses accordéons, violon et autre flute…

La soirée fut haute en couleurs, forte en gueules et en caractères… C’était la première, et c’était très bien….

 

 

22h22

22h22

Symétrie de chiffres.

Je tourne en rond dans la maison.

Envie de prendre l’air.

Suis resté enfermée toute la journée, prête à sortir pourtant, mais un peu en carafe, un peu oubliée.

Enfiler les bottes, prendre gants, porte-monnaie, téléphone, et clés, et dévaler la rue jusqu’en bas, jusqu’au passage piéton, jusqu’à la T.junction.

Respirer, apprécier la froidure de la nuit en partie débarrassée du vent.

Se remplir les yeux du bleu de minuit accroché au clocher de l’église du quartier, et puis y laisser entrer les étoiles aussi.

Filer. Descendre les escaliers, traverser la place, rejoindre la grande rue, le carrefour, les feux tricolores.

Je me dirige vers un café, pas celui que je fréquente parfois en journée, celui d’en face. Dehors, des fumeurs, frigorifiés mais vaillants. Je traverse un nuage de monoxyde de carbone avant de m’engouffrer dans une atmosphère feutrée, que seuls quelques bruissements de voix meublent.

Un petit crème dans un fauteuil club, et puis, non loin, la mer. Je sais sa présence, là, juste en face, même si je suis à l’abri, même si des vitres nous séparent.

Départ. Retrouver l’air, les embruns, le bruit des vagues qui se fracassent sur les galets encore secoués par les récentes tempêtes.

Je croise une autre femme, seule elle aussi.

Un groupe de jeunes mecs.

Et puis une autre femme.

Sœurs solitaires dans cette urbanité nocturne. Voilà, c’est ça, on ose, on ne se donne pas des airs, l’air on le prend !

Alors c’est ainsi, l’esprit aéré et la lune en tête, que je reprends le chemin, en sens inverse…

Carte Postale…

CARTE POSTALE 1

 

Et le clocher, une étoile accrochée à sa pointe, se découpe sur la nuit qui hésite entre chien et loup.

Derrière, l’horizon rougeoie encore des braises sur lesquelles le soleil s’est couché.

Quelques zébrures nuageuses taquinent la pureté du ciel.

Sur les toits, au premier plan, un chat gourmand s’entiche de la lune en croissant, regard fixe énamouré…

Ma rue comme une carte postale, invitation à la contemplation et à la rêverie.

Et l’esprit s’échappe, peu pressé de rentrer.

Qu’importe la fraîcheur de l’air, le vagabondage n’a pas froid aux yeux, et il se joue des kilomètres, rien ne l’arrête…

Les pensées filent le temps, traversent les océans, relient les continents.

Et trottent dans ma tête ces mots, cette chanson …

Universe am I …

Donovan, ‘Universe Am I’

  

 

CARTE POSTALE 2

 

(Pour écouter le texte mis en voix, cliquez ici)

 

© 13 décembre 2013 

Coup de Blues…

C’est protéiforme,

Mais ça ne ressemble à rien.

Une béance,

Un vide à combler,

Une absence à apprivoiser.

Et un nœud dans les tripes.

Une ligne d’horizon floue,

Une perspective qui s’amenuise,

Le regard qui s’égare faute d’objectif à fixer.

Des odeurs de septembre,

De rentrée,

Le vent qui va tout emporter,

Les feuilles, les rires,

L’insouciance d’un été.

C’est la grisaille qui s’annonce,

Le froid aussi,

Un sentiment d’abandon,

L’enthousiasme en fin de série,

Et l’espoir en putréfaction.

Une solitude de grande ville,

Et la vie qui se barre en vrille,

Dans les heures sombres du soir,

Fracassant la force et l’envie.

Alors la façade se fissure,

Et s’ouvrent les failles.

Attention fragile.

AUTOMAT EDWARD HOPPER 1927(Edward Hopper, Automate, 1927)

© 26 août 2013.