Réflexions sur Sable et Sel, Etosha National Park

Le soleil se levait à peine lorsque j’ai arrêté le moteur de la voiture auprès du point d’eau. Là, à l’écart de toute civilisation, j’observe les animaux venus s’abreuver avant de se mettre au frais, autant que possible, pendant les heures chaudes de la journée. Etosha National Park, Namibie, environnement d’une belle étrangeté, de sable clair, de sel, et d’arbustes décharnés, un paysage lunaire parfois. Sur le gris cendre du sol, ma voiture blanche ne dénote pas trop.

J’observe, respire, souris, m’émerveille, et l’esprit s’envole parfois vers la Lune, ou bien s’enfonce dans les profondeurs de la terre, le lieu y invite. Dans les allers retours de mes pensées, l’animal et l’homme se croisent, et naissent des questions.

Au bord de l’eau, déploiement d’impalas et de koudous, de zèbres et de girafes, de chacals à dos noir et de phacochères. Et puis un rhinocéros, et nombre d’oiseaux, au plumage discret ou coloré, probablement une myriade d’insectes et quelques reptiles aussi. Pas de prédateur à portée de sens, l’atmosphère est calme, tranquille, il règne ici une forme de sérénité, habillée de bruits paisibles, éclairée d’une lumière blanche à force de réfléchir le sel du sol. Ici, chacun vit sa vie, avec l’Autre ou à coté de l’Autre, unis par un objectif commun, boire, donc vivre, et soudés de fait contre l’ennemi, puisque l’alerte des Uns alertera aussi les Autres.

Moments précieux, débarrassés de tout superflu, épurés de toute frivolité, moments de retour à l’essence et à l’essentiel, je prends mon temps, sereine. Et les heures passent, seconde après seconde.

Lorsque je reprends contact avec ma réalité plastique et métallique et sa clé de contact, je réalise que mon véhicule carapace est complètement entouré. Que pendant que je me perdais en vues frontales et latérales, je n’avais pas ménagé mes arrières, et de nombreux animaux s’étaient, à leur tour, approchés du point d’eau.

Après un moment de panique réflexe, je suis littéralement encerclée, je souris à la vue des truffes, groins, et becs qui paissent, broutent, fouinent, bequettent, en s’ébrouant de ci de là. Je réalise que je ne suis pas envisagée comme une menace, et que, malgré mon allure étrange, toute de ferraille vêtue, et mes odeurs bizarres, malgré mes différences, je suis intégrée.

Dans la beauté nue de ce paysage, dans la tranquillité du moment, toute peur apaisée, le plaisir est intense.

Il faut repartir, se frayer un chemin. Je remets le moteur en marche, doucement, et patiente. Petit à petit les animaux s’écartent, sans heurt, et je peux reprendre ma route. Alors je me surprends à rêver que nous sommes nous aussi, les humains, capables de cela, d’accepter les différences, d’intégrer leur existence, et s’en enrichir. Vivre ensemble, les uns avec les autres ou seulement cote à cote. Que la mémoire revienne, que l’on se rappelle que nous sommes des maillons et, de ce fait, unis.

Se souvenir que « je suis parce que nous sommes ».

Et ne pas oublier d’aimer…

 

(nouvelle parue sous le titre ‘Bienveillance animale’, dans un recueil intitulé ‘Je suis parce que nous sommes’)

Publicités

Haïku de Vert, de Lait

C’était une sortie aux Jardins Suspendus, en octobre dernier, un jour de semaine, des allées désertes ou presque, une lumière très particulière et de la douceur dans l’air…  Un moment suspendu, lui aussi…

Flamie, Princesse Myrtille, Marquise de Petits Pas

Cela fait maintenant un peu plus d’un an et demi que la Demoiselle a pris ces quartiers chez moi. Caractère bien trempé, machine à ronronner très fort, cet héritage au pelage tout doux, légué par mon Frère parti bien trop tôt, est une source permanente de surprises et de sourires. Si la cohabitation avec Monsieur Bingo n’est toujours pas simple, la Belle se sent de plus en plus à l’aise, et passe de nombreuses soirées couchée sur mon bureau, à coté de moi, voire à tchatter avec je ne sais qui, étendue sur mon clavier, actionnant les touches au petit bonheur la chance…

Wisconsin

Bien sur, c’est difficile de tourner la page. Bien sur on s’est attachés, on a quand même passé pas mal de temps ensemble. Trente, trente-cinq ans ? Cinq ou six jours ?

Bill, c’est un petit bonhomme plein de rêve et d’imagination, amoureux de la nature et de ses créatures, le cœur bon, l’âme belle. Bill, écrasé sous la poigne alcoolique et mauvaise d’un être qui a oublié d’être humain. Bill, dont le miroir reflète une mère soumise, faible, et folle en devenir, une femme lettrée, qui accroche ses mots aux branches des arbres, ou les verse dans la rivière claire. Claire, c’est aussi son nom.

Jimmy. Jimmy le grand frère, protecteur, fier, qui veut en découdre pour prendre de la distance, s’auréoler de gloire, et ainsi souligner la couardise de son père.

Le Vietnam où les rêves sont réduits en cendre, et Jimmy s’effondre sous les tirs ennemis ou, pire, devient flamme dans le napalm. Mais il gagne sa liberté, celle de revenir hanter les terres qui lui sont chères, sa campagne du Wisconsin. Et de venir habiter chaque arbre, chaque cerf, chacun des êtres qu’il a aimés. Si John, le père abusif, semble peu affecté de ne plus revoir son fils, il en va différemment pour son petit frère, sa mère, ainsi que Rosemary et Ernie, deux voisins qui se sont pris d’affection pour les deux enfants, et ont toujours tenté de recoudre leurs ailes quand les grands les flétrissaient.

Wisconsin (The Turtle Warrior pour le titre original) est un roman qui sent le cèdre et l’eau vive, la tortue et la mousse, la nature dans ce qu’elle a de plus rude, mais aussi de plus beau. C’est une belle histoire de reconstruction, une décision prise de vivre, vivre ensemble, encore, et de s’aimer toujours…

Alors ça a été dur, oui, de tourner la dernière page…

(Roman de Mary Relindes Ellis, sorti en 2004, 438 pages dans l’édition 10/18, collection domaine étranger)

En marchant…

Ce soir-là, il y avait des lueurs étranges. C’était comme si le soleil ne savait pas où se reposer, ici, ou là, ou bien comme si le ciel avait invité plusieurs soleils à la fois…

Les villes de bord de mer ont ces lumières particulières qui vous attrapent l’oeil et vous l’écarquillent, Dunkerque ne fait pas exception à la  règle…

Le grand chantier

Il y avait eu du laisser aller, un peu de négligence dans l’air, comme un retour de vacances, la tête encore à Buenos Aires ou sur une plage de la Manche…

Il fallait remettre de l’ordre, il y avait du pain sur la planche.

Convocation générale, toute l’équipe dans mon bureau !

D’abord remonter les bretelles des couleurs, et renvoyer Azur, Smalt et Safre au dernier étage, pour qu’ils me mettent du bleu plein les cieux.

Le rose ? En joue !

Le rouge à la bouche et au cœur.

Le jaune dans mon soleil, et le vert dans le printemps déguisé en automne.

On y voyait déjà plus clair…

Puis j’ai convoqué l’Instant, je l’ai goûté pleinement.

Un grand bol d’air, de légèreté, pour une belle et grande respiration en forme d’aspiration à la joie.

Enfin, je me suis longuement entretenue avec la Bande à Bonheurs, les petits, les grands, avec ou sans majuscule mais toujours avec majesté. Je les ai regardés, appréciés, et je les ai pris dans mes bras…

Prête pour une nouvelle rentrée, et pour toutes les vies qui commencent…

 

 

 

Je te cherche toujours…

Je t’ai vu aujourd’hui, à Berck Plage. Tu étais avec une femme plus âgée que toi. Tu avais vieilli toi aussi, un peu. Mais j’ai reconnu ce même menton volontaire, et toujours l’élégance.

Je t’ai vu aujourd’hui, à Berck Plage.

Et puis non, ce n’était pas toi.

Je te vois souvent, tu sais ? Je te reconnais, de face ou de profil, le sourire, une mimique, ou un éclat de rire.

Je te vois. Dans des concerts, des festivals, des bars, des magasins… Ou dans la rue, tout simplement.

Alors je m’arrête, te regarde. M’apprête à te héler, à te dire bonjour, à discuter avec toi…

Et ma mémoire me rappelle.

Mais non

Ce n’est pas toi.

Ce ne sera plus jamais toi. Ici.

Ça fait un an, deux mois et quelques jours que tu as pris la clé des champs, un aller sans retour. Un voyage vers des cieux plus cléments. Une autre liberté…

Et je te cherche toujours,

Mon très cher frère

Jumièges, a stairway to heaven

31 juillet 2018

Jumièges, histoire de sillonner les méandres de la Seine, d’en adopter les boucles, de prendre un grand bol d’air, et de contenter le regard.

J’avais engrangé en mémoire des pierres plus sombres, plus moussues, envahies par le lierre, dévorées par le vert, servies à la table de la végétation qui semblait se régaler des restes de cette abbaye. Si ma mémoire était relativement fiable, le temps et la belle volonté avaient œuvré pour redonner d’autres couleurs à la Belle.

Splendeur d’architecture que les révolutionnaires ne goutèrent guère, elle fit alors carrière en tant que carrière. Les pierres en furent démontées une à une, pour servir d’autres causes que les lois divines. Et les années, les siècles, aggravèrent les outrages, les édifices tombèrent en ruines…

Mais quelles ruines !!

C’est finalement en devenant athée que l’abbaye gagna le ciel. Il est partout, partout visible, où que se posent les yeux. Et il dessine avec grâce toutes les lignes des édifices, toutes leurs ouvertures. Dans la chaleur quasi caniculaire de ce jour de l’extrême juillet, il nous fit l’aumône de quelques coups de brise, et le don magnifique d’une flopée de nuages de formes et de couleurs diverses. Parfois la noirceur d’un cumulo-nimbus semblait menacer de tempête ou d’orage. Simple menace, le jour fut aussi sec que les jardins à la française devant la maison des abbés…

Il n’empêche…

Je me suis perdue en rêveries et en émerveillement au milieu de ces ruines… Oh, la belle journée…

 

Un tour du monde en Moz’Aïque…

9ème édition d’un festival de musique du monde entier,  accueilli dans les Jardins Suspendus. C’est donc dans un cadre extraordinaire qu’il déploie ses pépites et ses pierres précieuses.  Ici on chante, on danse, ici on rit, on vit, on écarquille les yeux, on s’extasie, on sourit, ici on est bien…

Aujourd’hui je pose les dernières tesselles de cette mosaïque multicolore, des photos des deux derniers jours, artistes parmi d’autres artistes, il y en avait bien plus encore…

MozAïque Musicale

C’était vendredi, le troisième jour, et ce fut encore un beau voyage…

Acte 1, scène 1, une étape à Madagascar dans le monde de Kristel, bassiste super Chat, chat les yeux, chaton les bonds, et ronrons dans les cordes vocales. Et puis… généreux le sourire, le peps, et le bonheur d’être là…  Découverte assurément décoiffante…

« I can’t stand the rain… » et ça tombe bien, puisque ça ne tombe pas, précisément, ou du moins, ça ne tombe plus… Les cieux sont cléments avec les musiciens qui les emplissent de notes et font valser les nuages… Deuxième étape aux Etats Unis, Don Bryant and the Bo-Keys nous mettent la tête en vrac et les jambes en boogie… Pas de photos, du coup, pour cause de flou…

La nuit s’achève au Danemark avec la bande à Thorbjorn Risager. Des gueules et des pointures qui avaient eu l’élégance de réviser leurs leçons de Français appris au lycée. Un joli moment de connivence avant que le rideau ne tombe sur cette troisième journée du festival Moz’Aïque….

 

 

Mon petit e.business

Ça y est, c’est décidé, je me lance moi aussi dans le commerce en ligne. Puisque sur la toile tout s’achète et tout se vend, et que j’ai besoin d’arrondir mes fins de mois, de moi, je crois que j’ai trouvé ma voie.

J’ai fait une bonne étude de marché et découvert un créneau, un filon à exploiter. Et j’ai conçu un concept, je vais vendre du cœur. Pas du Q, pas du sexe, non, ça n’aurait rien de novateur, mais du cœur, du e.coeur, voire geekcoeur, pour les gens qui en manquent,  ceux qui ont des haut-le-coeur,  qui ont mal au coeur, voire qui se sont lancés dans une aventure à coeur perdu et ne l’ont jamais retrouvé.

Vous trouverez donc ici une sélection d’organes ‘spécial web’, téléchargeables après acquittement de la facture, tarifs et bons de commande sur demande.

 

Cœur ardoise effaçable :

Format 20 X 30 ou 30 X 40 cm, pratique pour les amours crack-crack, de celles qui durent quelques minutes, effaçable à sec pour amours sans préliminaires quand le temps manque.

Fourni avec un marqueur noir référence ‘j’ai tout oublié’.

Lot de trois marqueurs de couleur en option.

Attention : difficilement transportable à cause de ses dimensions, à garder à l’écart des vêtements, il y a risques de salir les apparences et de nuire à l’apparat.

Mettre dans mon caddie

 

 

 

Cœurs post-it :

Petit format, s’emmènent partout, disponibles en carnets de 50 ou 100 selon les besoins, particulièrement adaptés aux amours d’un soir ou d’une heure. Légers, en papier de bonne qualité, ils peuvent se repositionner plusieurs fois mais la durée de l’adhésion reste limitée.

Disponibles en trois coloris =

– cœur marron sur fond vert pour les amoureux de leur propre nature, les egologistes, référence ‘Que je m’aime’

– cœur noir sur fond rose pour les amours classiques, références ‘Que je baise’

– cœur rouge sur fond orange pour les overdynamiques, les cardiotoniques, référence ‘Vite je nique’.

En option : l’inscription ‘je t’aime’ en lettres romantiques ou gothiques.

Attention : ils ne sont pas waterproof, ne résistent pas plus aux larmes salées qu’à l’eau de mer, bien choisir son / sa partenaire. Légers, ils ne résistent pas non plus au vent du temps qui passe, ni au vent du changement.

Mettre dans mon caddie

 

 

 

Cœurs magnétiques :

Plus résistants, ils sont repositionnables à l’infini pourvu que leur support soit bien dur et métallique. Particulièrement adaptés aux aventures multiples en simultané, on le pose, le décolle, le repositionne, sans altérer sa surface ni son adhésion.

Disponibles en différentes couleurs et différentes tailles =

– Grand cœur d’or, pour une générosité affichée sans trop d’engagements, référence ‘Je promets’ (grand succès dans les G20 entre autres)

– Grand cœur d’argent, pour une surface brillante et réfléchissante, référence ‘C’est beau ça brille’

– Petit cœur rouge, pour un amour passion, pas long et discret, référence ‘JE T’AIME’.

Autres coloris disponibles sur nuancier, taille adaptée à la demande, devis détaillé.

Possibilité de motif « cœur » : de pierre, d’artichaut, du problème. Un délai supplémentaire est à prévoir pour cette confection sur mesure.

Attention ! La base est piquante et les bords coupants, prendre des précautions au cours de la manipulation. De plus, par leur magnétisme ils peuvent s’amalgamer les uns sur les autres, risques d’embrouilles possibles.

Mettre dans mon caddie

 

 

 

Cœur Bisounours :

 

Le plus gros de tous, pourtant très léger, tout est dans le volume rempli de creux, eux-mêmes remplis d’air. Particulièrement adapté aux amours Bisounours, celles qui ne durent que le temps d’un épisode et s’inscrivent dans une série. Par sa taille il impressionne, épate, et séduit.

Disponible en une seule taille, et un seul coloris, le rose, couleur ‘Planète Bisounours’. Référence «Quand je ne pense qu’à toi, je ne pense qu’à moi’.

Attention ! Penser à changer l’air de temps en temps, sous peine d’odeurs pestilentielles d’amour en putréfaction.

 

 

Mettre dans mon caddie

 

 

 

Voici donc les produits disponibles, mais si vous en voulez encoeur, le catalogue s’étoffera ….

Tempête

 

Et la mer, ce jour-là, était très en colère, griffant le sable et laissant, ici et là dans les sillons, marées d’écume et frissons d’eau.

Elle s’était reculée afin de reprendre son souffle et mieux revenir à la charge pour exprimer ainsi son ire à son heure.

Et les humains, téméraires, s’allèrent braver les vents, titiller la tourmente, se faire peur, un peu.

Ce jour-là, oui, tout était différent, irréel

Lumière, bruit, humidité de l’air

Comme un autre monde à venir,

Comme un adieu

Pour une renaissance…