La Scala

Un, deux, trois…

Quelques volées de marches à monter pour atteindre les sommets, là où le rouge est mis, et l’or aussi.

Brouhaha feutré, photos prises à la dérobée, crépitements, bavardage des habitués… Pour certains La Scala est une extension de leur demeure, ils y ont des loges à demeure…

L’éclat des bijoux fait écho à l’éclat du cristal qui pampille les lustres. Les yeux écarquillés, je goute l’atmosphère, j’imprime les images dans la carte mémoire de mon cerveau en ébullition.

La Scala de Milan ! Comme un désir qui s’étoile en teinte réalité. Comme un rideau qui se lève sur un rêve. Comme un bonheur partagé.

Manon Lescaut, de Puccini. J’ignore encore que je connais déjà, j’ignore encore que les airs me seront familiers, parce que je les ai déjà écoutés, appréciés, en d’autres lieux et d’autres heures… J’ai une culture opéresque pas du tout dantesque, plutôt éthérée, voire complètement évaporée. Et pourtant, les belles voix me chavirent toujours, et les chœurs me font frissonner…

Quand le rideau se lève, que la salle s’obscurcit, je retiens mon souffle. Très vite, je me laisse embarquer dans cette histoire de femme, histoire triste comme le sont souvent les histoires de femmes écrites par les hommes.

Je ne quitte pas ma place pendant l’entracte, j’ai encore des ors et du velours à explorer, l’air des Airs à respirer, et je n’ai pas envie de diluer les larmes de Manon dans quelque verre que ce soit.

Lorsque l’orchestre rejoint la fosse, que le rideau à nouveau se lève, je repars en voyage avec l’amour en bandoulière, un amour en grande difficulté.

Quelle n’est pas ma surprise de constater que c’est au Havre que Manon me ramène « All Le Havre is asleep. The time has come ! » Cela m’accroche un sourire, je m’enorgueillis de savoir que même Puccini connaissait ma ville !

Standing ovation quand l’opéra se termine, j’applaudis à tout rompre, je viens de vivre un moment d’une belle intensité, je viens de réaliser un rêve…

(La Scala de Milan, le 16 avril 2019)

Bien sur, ce n’est pas La Callas que j’ai entendue, mais c’est bel et bien un des airs de Manon Lescaut qui est ici chanté…

 

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