APicADay – Entre Béton et Coton

Là où je vis, le béton a fait son nid, son lit, sur les décombres de la ville ancienne.

Les lignes sont droites et épurées, les rues sont tirées au cordeau,

tout est d’équerre.

Que d’angles, que d’angles… !

Heureusement le ciel, lui,  se passe bien d’architecte et sculpte les nuages comme il en a envie,

Alors au béton des humains de la terre répond le coton céleste,

en nuages doux et duveteux

et pas du tout bien rangés…

APicADay – Denim Cathédrale

Elle avait comme enfilé une paire de jeans, ce soir-là, la cathédrale.

A vrai dire, cette coquette a passé la soirée à se changer,  passant d’une parure bleue à une rouge, une verte, ou une violette, en camaïeu ou multicolore…

A Chartres, quand la lumière joue avec l’architecture, les pupilles s’écarquillent.

Bergame 18 04 19 et 20

Le funiculaire déverse son lot d’habitants, d’employés, ou de visiteurs qui se dispersent.

Chacun son chemin, son restau, sa terrasse, son église ou sa petite place, chacun son truc.

Puis les ruelles reviennent à la lenteur et au silence de l’après déjeuner, du temps des siestes.

C’était il y a un an,

C’était après Milan,

C’était Bergame et ses hauteurs.

Ici tout invite à la rêverie ou à la contemplation.

Les points de vue sur la ville basse,

Les façades des maisons,

Les jardins qu’on entrevoit,

Les portes que l’on a envie de pousser,

Que l’on pousse parfois,

Pour découvrir un patio ou un cloitre.

Et puis la vie derrière les volets clos.

La vie, oui.

Les murmures puis les bruits qu’on retrouve sur les places,

Les cris et les rires installés aux terrasses,

Des glaces en plein soleil,

Mille parfums.

Et mille autres douceurs.

La ville inspire, expire, chuchote, s’agite…

Et vit.

Et puis…

Bergame 2020

C’est le silence en ambulance,

Et les ruelles en peine,

Les murs qui suintent le chagrin.

Et les maisons désertées.

Combien de visages croisés hier,

Peuvent aujourd’hui sourire encore ?

Il semblait faire bon vivre à Bergame,

Et puis… une saleté de virus.

Alors j’espère que cette ville se relèvera,

Plus forte et fière,

Plus solide et solidaire…

 

 

Kohl Cologne

J’ai vu des photos de Cologne après la guerre, la seconde, une mondiale encore, une de trop. C’était un champ de ruines.

Alors, Cologne s’est reconstruite, pas seule, non, il a fallu l’aider. Une flopée d’architectes a du s’y mettre, si j’en crois l’aspect disparate des immeubles d’aujourd’hui, un centre ville en manque d’harmonie. J’habite, en France, une ville qui a été aussi entièrement détruite, au presque. Par les mêmes armées. La différence, c’est qu’en France on les appelait ‘les alliés’, tandis qu’en Allemagne c’était l’ennemi. Passage de frontière, changement de vocabulaire. Dans la ville où j’habite, la reconstruction a été confiée à un architecte, un seul, et le centre respire une certaine unité, unité qui manque singulièrement à Cologne.

Voici quelques exemples de maisons ‘colognales’

Tout a été détruit, sauf la cathédrale, gothique à souhait, un bijou d’architecture religieuse. Était-ce un miracle ? Il faut dire qu’elle renferme, dans une chasse bien gardée, elle-même protégée par des vitres, les reliques des ‘Rois Mages’. Rien de moins ! J’avoue que l’idée m’a fait sourire…

Ville étrange que celle-ci, comme un puzzle dont il me manquerait des pièces. Animée, vivante, boutiques de luxe et misère en cohabitation. Et puis, derrière, coule le Rhin, l’eau de Cologne…

Le Rhin, c’est bien, mais ça n’est pas la mer… Elle semble avoir manqué à ce graffeur qui m’a fait sourire, au détour d’une rue…

 

 

Liège Guillemins d’été

Retour à Liège, passage obligé.

Je n’ai pas de train à prendre cette fois, mais mes yeux en veulent encore.

Liège Guillemins, c’est une gare, dit-on, pas très hospitalière au voyageur qu’elle secoue de tous les vents qui se vautrent à l’intérieur. Je m’en souviens, c’était l’hiver…

Sous les dards du soleil, elle brille de mille feux qui se réverbèrent, de ligne en ligne, de courbe en courbe. Et l’air qui la traverse a la douceur de l’été, c’est alors une chaude torpeur qui se diffuse.

C’est une gare, dit-on, mais c’est aussi, vue de l’extérieur, un oiseau, un squale, un poisson… et quand on s’y engouffre, c’est toujours le ventre d’une baleine ici, ou des projections multiples là. Elle est ce que l’on veut, ce que l’on y respire, mais elle est belle, cela ne fait pas de doute. Et c’est un défi au troisième œil, à celui de l’appareil photo qui n’en finit pas de mitrailler les ombres et la lumière, les courbes et les droites, les treillis de métal et de soleil…

 

Un peu d’architecture, Berlin

 

 

Berlin, capitale qui s’étale le long de la Spree,

En quartiers disparates, architectures mêlées.

Moderne, ancien, ancien refait, diversité des styles

Qui se côtoient, surprennent, et charment.

Une ville en mouvement, de grues hérissée,

Parce que partout il reste à faire,

Parce que Berlin se reconstruit encore,

Et se construit toujours…

 

Carnet de route ‘Berlin’ à suivre… :

C’était comment, Berlin, avant ?  :  ici,

La Tour de Télévision : ici,

Prenzlauer Berg, en ombres et lumières : ici,

Gertrud : ici,

ou encore East Side Gallery : ici,

Palette Berlinoise : ici,

Anastasia, Musée Juif de Berlin : ici,

Poudre de Berlimpinpin : ici,

voire Le Dôme du Reichstag :  ici,

Street Art in Berlin : ici,

ou Nefertiti, Berlin :  

Et Lumières de Berlin :  !

Couleurs d’Harfleur

Elle est jolie cette petite ville d’Harfleur, vraiment. Mais elle est abominablement située, entre zone industrielle, zones d’activités commerciales, et échangeur routier. Elle en a perdu de son éclat et invite peu à la promenade. Et pourtant…

Pourtant Victor Hugo lui avait offert ses lettres de noblesse en la mentionnant dans un de ses poèmes les plus célèbres ‘Demain, dès l’aube’, un hommage à sa fille Léopoldine, tragiquement disparue dans les eaux de la Seine.

« (…) Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, (…) »

Elle connaît, cependant, un pic d’animation le dimanche matin, grâce à un grand marché très populaire. Et tous les jours, elle affiche haut les couleurs là où les maisons classées le permettent.

 

Alors, voyageur de passage, si tu as loupé la bretelle d’autoroute et que tu traverses Harfleur, prends le temps de t’arrêter et d’aller flâner un peu dans les ruelles, jusqu’à la Lézarde, la ville en vaut vraiment la peine…

COULEURS D'HARFLEUR 8

 

(Autre article lié à Harfleur ici.)

 

 

 

 

 

 

 

LIEGE GUILLEMINS

Elle a quelque chose d’aquatique, nez de requin, aileron, ou ventre de la baleine. C’est pourtant avec le vent qu’elle aime jouer, ouverte à l’air du temps qui passe…

Toute en courbes élégantes, brillante comme l’acier, elle engouffre les voyageurs qui vont bon train, pour mieux les régurgiter, quelques centaines de kilomètres plus loin.

La gare de Liège-Guillemins, bijou d’architecture, belle parure de facture moderne, apporte à la ville un nouvel éclat…

 

 

Un printemps, à Prague : 2 Sur les rives de la Vltava…

Sous sa voute changeante, bel écrin aux nuages, on déambule dans « Prague la Vieille » et « Prague la Nouvelle » comme dans un musée des Arts Décoratifs, mais à ciel ouvert.

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 1

Ici un immeuble de style ‘ Porcelaine Wedgwood’, là une bâtisse en ‘biscuit vernissé’, haute en couleurs ; plus loin, une façade Art Déco, et puis une Art Nouveau… Parfois on traverse une aile médiévale, on découvre une page Romane, suivie d’une gothique… Ou bien on croise un édifice « Barococo », dégoulinant de volutes en dorure, de guirlandes ouvragées… Ici ou là plane l’esprit d’Haussman.

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 2

 

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 3

A Prague comme à New York, on flâne le nez en l’air, pas tout à fait pour les mêmes raisons… Si les styles se côtoient sans complexe et avec plus ou moins de bonheur, plutôt plus que moins, tous ces bâtiments, tous ces monuments, sont harmonieusement mis en valeur par un ciel changeant et souvent habité de nuées. Ou, parfois d’un vol de cygnes sauvages…

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 4

Ici, le ciel aussi est un enchantement.

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 5

Lorsque la nuit tombe, la Belle se déguise en Opale d’Australie. Elle se pare de bijoux, Or, Ambre, Moldavite ou grenat et brille de mille feux, de mille couleurs. Toutes ces lumières habillent la ville d’étoffes chatoyantes, et certaines se reflètent à la surface de l’eau, dans une traine brodée d’ondes…

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 6

Alors, Prague devient un joyau sertie du ruban d’argent de la Vltava*, avec le Ruisseau du Diable en gracieux filigrane… .

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 7

Ecarquilleur d’yeux, le centre historique est une source d’émerveillement et d’étonnement, un réveil de tous les sens…

SUR LES RIVES DE LA VLTAVA 8

(*Prononcer ‘Valtava’. C’est la rivière qui traverse Prague, on l’appelle la Moldeau en Allemand. Elle souffla un beau poème symphonique aux oreilles de Smetana)