La Porte (5)

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Aussi se dit-il qu’il est possible de soudoyer cette grande biche de porte qui n’avait pas l’air qu’elle devait avoir ni le tempérament trempé dans le bénitier avant la prière et par déduction l’âme tendre mais affûtée comme le rasoir du barbier de la place et dentiste de belle renommée qui endormait ses clients par un genre de sérum alcoolisé maison.

À ses réflexions qu’il approuve avec lui-même, le Bourgeois revient à la charge avec une nouvelle tactique celle de l’endormissement à plusieurs paliers tel le plongeur en apnée qui a une certaine profondeur perd la notion du temps accédant à l’abyssale abstraction du soi dont le corps n’est plus qu’une onde informe et déstructurée par effet de l’émotion intrinsèquement déployée dans la plénitude du mystère de l’existence en tant que mammifère terrestre…

Et, il s’engage pour un nouveau round après avoir pansé ses deux doigts de la main gauche dont la douleur vivace s’éternise comme un enfer qui ne dit pas son nom mais brûle la chair en des picotements à la pivert.

— Ainsi vous n’êtes pas de chêne ?

— Je peux dire que j’ai le ventail sensible à qui sait apprécier mes ferrures…

— Vos atours ?

— C’est cela même…

— Je ne veux en aucun cas être votre heurtoir mais seulement un passager de votre seuil comme une feuille de printemps à la couleur du montant de votre teint automnal et ô combien charmant.

— Flatteur…

— Mon intention n’est-il pas de vous séduire pour entrevoir entre vous et moi… une ouverture ?

— Si fait, si fait… mais, n’en faites point trop.

— Je vous saurais redevable infiniment si vous me laissiez entrer.

— Vous n’avez que cette idée fixe.

— Fixe et ancrée, car elle y va de ma vie.

— Votre vie vaut-elle une telle amplitude d’obstination ?

— Et vous, très chère, part tous les temps vous résistez comme moi… aussi votre abîme est aussi un peu la mienne ?

— Certes… et si nous convenions que je vous fasse entrer par la petite porte ?

Le Bourgeois aux yeux allumés d’espoir, allait-il accepter cette proposition ou bien s’en mordre les doigts… une nouvelle fois ?

Naples

5 réflexions sur “La Porte (5)

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  3. That’s a great door from Naples. Simple and weathered. No knocker, no doorknob or doormat to welcome the weary Bourgeois, fingers taped, still stinging. Only one expressionless handle in the middle and a subtle keyhole on the right. Perhaps the backdoor is more welcoming. Excellent story.

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