Incompréhension Masculine

C’est un lieu commun chez les hommes que de dire qu’ils ne comprennent pas les femmes. Ça n’a pas la saveur d’un aveu de faiblesse neuronale, non, c’est plutôt comme une conclusion qui s’impose : les femmes sont incompréhensibles. C’est un combat vieux comme le monde, les hommes ont toujours essayé sans jamais y parvenir. Des mammouths, des bisons, des terres saintes, des feuilles d’impôts et des traversées d’autoroutes, ça ils peuvent gérer, ils l’ont déjà fait, vainqueurs sur plusieurs générations. Mais la femme est leur Graal, le trésor de l’île aux pirates dont ils n’ont ni la carte ni le code.

De récentes études menées par moi-même sur un échantillon non représentatif de la gente masculine m’ont permis de soulever quelques questions issues de ma longue et minutieuse observation. Les réponses à ces questions tendraient à disculper les hommes, souvent accusés, peut-être à tort, d’être de mauvaise volonté. Si vous pensiez que les seules différences physiques entre les hommes et les femmes étaient liées à la couleur de la layette qui enveloppe leur nudité dès leur venue au monde, et à la longueur des cheveux, vous vous trompiez.

Il semblerait que l’homme qui, depuis Icare, rêve de voler et de passer le mur du son, ait subi une mutation génétique qui l’a cuirassé contre les effets secondaires nocifs. L’expérience a démontré que la même information envoyée à une femme et à un homme ne générait pas du tout le même temps de réaction. Une réplique de l’expérience, sous X et rayons X, a montré que les mots véhiculant l’information se heurtaient, chez l’homme, à une sorte de ‘bouclier’, invisible mais bien réel. Cette protection a pour effet de ralentir la vitesse du son. Du coup, vous aviez envisagé Mach 1 et votre message est livré à la vitesse de la tortue.

À ce stade, les conséquences sont déjà conséquentes.

– Les mots se déforment parfois en se heurtant sur l’arme implacable. En s’entrechoquant, les lettres se transforment, s’emboîtent les unes dans les autres, se télescopent, s’emmêlent, s’écrasent … et les mots font de même.

Ainsi naissent nombre de malentendus : le rendez-vous, c’est à 9 ou à 19 h ? Sa sœur s’appelle Lou ou Chou ? Elle a dit ‘pour que tu me plaises’ ou ‘pour que tu me baises’ ? …

– Certains mots ne passent absolument pas le bouclier. J’ai testé ‘m’aider’, ‘vaisselle’, ‘repassage’, ‘à l’heure’, ‘j’ai mal’, rien n’a traversé, les mots me sont revenus, certains quand même bien amochés, tout pleins de fautes d’orthographe.

Autre différence majeure : l’intérieur du système auditif. Si, à l’œil nu et à l’exception du Prince Charles, les hommes et les femmes se distinguent peu sur le plan de l’oreille, il n’en est pas de même en ce qui concerne le conduit interne et les différents éléments qui forment le système. Le conduit masculin a des facultés assez peu banales de distorsion, tension, torsion, rétrécissement…. Ainsi une fois l’information parvenue, déformée et tronquée, de l’autre coté du bouclier, elle est confrontée à un circuit toujours différent. Parfois le conduit est en rétrécissement et en tension, l’info entre dans une oreille et ressort par l’autre aussitôt. Parfois le conduit est complètement détendu, distendu, tordu, plein de nœuds, et l’info doit faire des km avant de parvenir au cerveau, si elle y parvient, et dans l’état où elle y parvient. Du coup le pain attendu le mardi arrive le mercredi, le rendez-vous à prendre cette année le sera l’an prochain, et le ‘attention au stop’ devient un accident.

Autant d’élasticité ne peut s’obtenir sans être contrebalancée par une faiblesse en termes d’étanchéité. On le sait aujourd’hui, le conduit auditif masculin est comme le cerveau du même genre, pas étanche. Une cause de plus de perte d’informations donc de compréhension.

Voilà où j’en suis à ce stade de mes expériences. Il faut que cesse enfin cette discrimination, gratuite et sans fond, à l’égard des hommes et de leur prétendue ‘mauvaise volonté’. C’est pas ça, c’est juste génétique ! Enfin … je crois.

J’espère, Messieurs, que vous ne m’en voudrez pas, souvenez vous que ‘qui aime bien, châtie bien’, et je vous aime bien … quand même !

 

Ecrit en janvier 2012, j’apprends aujourd’hui que cette infâme insulte au genre masculin a été mise en scène dans un théâtre de Lorraine la saison dernière. Et que cela se diffuse m’amuse, alors je diffuse aussi… 

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2 réflexions sur “Incompréhension Masculine

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