Derrière les murs…

Derrière les murs percés de hautes fenêtres, les couloirs éclairés de lueurs blafardes hurlent à la mort. La nuit et son cortège d’ombres et de fantômes ont envahi l’espace alentour.

Dans les lits métalliques, autour desquels rode l’infatigable peur, des corps décharnés s’agitent, appellent, crient, supplient. La nuit est une horreur, la terre où tout s’agite, où le passé et le présent se piétinent, s’entrechoquent, se heurtent… Quant au futur, c’est un temps qui n’existe pas, et cela ajoute à l’horreur.

C’est l’heure du face à face avec soi-même, le moment de faire des comptes, de soustraire au malheur les rires et les jours heureux, puis d’additionner les regrets, les remords, les non-dits ou les trop-dits. Face à face avec l’autre aussi, que l’on ne connaît pas, ou à peine, toujours très pressé qu’il est… Alors les gestes techniques se couvrent d’un voile d’incompréhension.

Ses corps en souffrance et ses cheveux blanchis dissimulent des vies riches d’expériences, de souvenirs, de connaissances, qui tombent en poussières faute de transmission… Poussières de vies qui seront balayées d’un revers de main, quand on changera les draps demain…

Derrière les murs percés de hautes fenêtres, les couloirs hurlent à la mort. Une voix vient de s’éteindre, et une vie aussi…

 

 

 

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