Un printemps, à Prague : 6 – Prague, transformation in process….

 

 

« It took us time, but we’ve finally managed. »

(« Cela nous a pris du temps, mais nous avons finalement réussi »), dixit le réceptionniste de l’hôtel.

Le fossé qui sépare les générations tchèques fut creusé, entre autres, par tant de chars, tanks, et autres véhicules militaires, qu’il s’en trouve très large. Indépendante depuis seulement 1993, la Tchéquie porte encore les traces d’un ‘avant’ et d’un ‘après’.

Les années de totalitarisme, dans un climat de délation, de suspicion, et de peur, ont laissé leurs empreintes sur les visages fermés et tristes, et dans les yeux des « vieux » de Prague. Regards bas et mines méfiantes, tant d’oppression ne saurait disparaître en si peu de temps…

Tandis que la jeunesse praguoise, elle, semble goûter une forme de légèreté et d’insouciance qui appartient, précisément, à la jeunesse… En toute relativité, chacun a ses problèmes…

Entre les deux, comme un trait d’union et de transition, les quadras et les quinquas, cette génération à l’origine de la révolution qui mit fin au joug soviétique. Génération disparate, comme toute génération, qui se retrouvait autour de valeurs, et aussi de symboles, dont le chanteur John Lennon. Ses chansons diffusaient des messages d’espoir qui alimentaient la lutte. Après son assassinat, un mur fut tagué à sa mémoire. Portraits, dessins, paroles d’amour et de paix, messages d’espoir et de liberté, les hommages se sont multipliés et le mur est resté tel, comme un mur du souvenir…

Trouver ce mur n’est pas mince affaire au milieu de ce conflit de générations. J’ai souri lorsque le tout jeune homme à qui j’ai demandé mon chemin m’a dit qu’il ne voyait pas de quoi je parlais, il ne connaissait pas ce mur (pourtant à 500 mètres !). Mauvaise pioche ! Ma seconde tentative auprès d’un homme d’une cinquantaine d’années, cheveux longs poivre et sel, fut plus fructueuse. J’étais sure d’avoir mes chances. Bingo, il a pu m’orienter ! Je m’étais trompée d’une génération…

TRANSFORMATION 1

Et c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai découvert ce mur, témoin d’un autre temps, exutoire d’une autre jeunesse…

TRANSFORMATION 2

 

C’est aussi avec émotion que j’ai visité le quartier juif de Prague. Cette partie de la population n’a été épargnée en rien au cours de l’Histoire du pays. Cloisonnement, isolement, et puis le sinistre épisode de la Shoa. Au mémorial, une voix égrène inlassablement les noms des disparus, ils sont nombreux à avoir rencontré l’immonde nazisme, et la déportation vers ‘la solution finale’. Parmi les témoignages de ces temps de l’horreur, quelques photos en noir et blanc montrant des rayonnages de costumes, vestes et manteaux, vêtements portés par les déportés, vêtements dont ils ont été dépouillés, et qui portent encore l’essence des corps…

TRANSFORMATION 3

Quant au cimetière, l’entassement des tombes rappelle que, pendant longtemps, les juifs ne pouvaient être enterrés ailleurs… Désordre solennel pour un silence éternel…

TRANSFORMATION 4

L’Histoire de ce pays s’est écrite à l’encre des larmes et du sang. Aujourd’hui, la Tchéquie redresse la tête, se relève à son rythme, le processus est en cours. Il y a assurément un ‘avant’ et un ‘après’ à Prague comme, je l’imagine, dans le reste de la Tchéquie…

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4 réflexions sur “Un printemps, à Prague : 6 – Prague, transformation in process….

  1. Te lisant, les paroles de Lama me revenaient en mémoire « Au Chili comme à Prague, toujours la même dague, toujours la même mort… » La jeune génération a peut-être besoin d’un soupçon d’oubli pour pouvoir avancer et effacer les stigmates des horreurs subies par tout un peuple. J’espère que la mémoire lui reviendra, quand elle aura fait le plein de légèreté et de joie indispensables pour ne pas entretenir la rancoeur et la colère. Merci pour ce superbe partage.

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    • La transition prendra du temps, c’est l’Histoire, c’est comme ça, et c’est formidable ce souffle nouveau ! Il faut de la légèreté et aussi de l’insouciance, oui, aucune douleur n’est nécessaire… Je t’embrasse, ma chère Liliane.

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