Tranches (de vie) napolitaines, 8è et dernier jour : Et le linge aux fenêtres.

Départ dans quelques heures, dernière balade en ville, respirer encore l’air urbain, chaud, devenu familier. Ecouter encore ce tumulte plein de vie, sentir cette effervescence. Malgré tous les avertissements des étrangers mais aussi des Napolitains, je ne me suis pas sentie en insécurité. J’ai arpenté les rues de Naples en toute tranquillité, parce que je ne m’exposais pas trop aux risques. Rien d’important dans mon sac, il n’y avait rien à perdre… Ce matin, c’est un peu différent. J’ai sur moi les billets d’avion, de train, ma carte d’identité et ma carte bancaire… Tout ce qu’il est gênant de perdre au moment de partir. Alors mon sac pèse lourd, j’ai l’impression d’avoir un aéroport et une gare à porter…

Respire !

Respire, et regarde le ciel, bleu et blanc-de-petits-nuages-floconneux, lève la tête, et respire, oui… !

 

UNE RUE, DU LINGE 1

Alors je vois le ciel, zébré de fils de linge tendus entre les bâtisses. Sourire. Parler de l’Italie en termes de linge pendu aux fenêtres, ça fait cliché. C’est un peu comme les trois ‘B’ dont les Anglais ont affublé les Français : Bérets, Baguettes, Bidets. On le sait, en France, que ce sont des clichés. Si on consomme toujours de la baguette, on ne porte guère le béret, et les bidets ont disparu de nos salles de bain, si toutefois ils y sont vraiment entrés… Par contre, dans les hôtels de Naples, il y a des bidets ! Comme quoi… les clichés… ben c’est des clichés justement !

 

TRANCHE LINGE 3

Mais le linge aux fenêtres à Naples, c’est une réalité. Alors le regard s’amuse, c’est coloré, ça claque au vent, c’est beau. Puis il s’étonne de se sentir quelque peu ‘voyeur’ à observer ces ballets d’étoffes sur un rythme éolien…

Pourquoi cette gêne ?

Alors je me souviens que, lorsque j’étais enfant, la pratique était fréquente dans la ville où j’habitais. Et puis sont venus les interdictions, pour nuisances visuelles. Et plus tard les sèche-linge… Aujourd’hui, sur nos balcons, fleurissent les géraniums…

Le linge, c’est un peu de nous, de notre intimité, qui se dévoile au grand vent et au grand jour. C’est la couleur et la forme des sous-vêtements que Râ met en pleine lumière, la qualité des serviettes, les motifs des draps et enveloppes de couettes…. Etendre son linge à la vue de tous, c’est dire de nous des choses que nous avons appris à taire, pudeur et discrétion font la paire, on se cache…. Alors je comprends, oui, cet embarras qui s’invite…

 

TRANCHE LINGE 2

La ville disparaît à mes yeux, laissant la place à la mer et aux îles. Il fait beau quand l’avion atterrit, la température est clémente, une légère brise caresse les cheveux… Un temps à étendre son linge à la fenêtre… Bonjour Paris !

 

TRANCHE NAP LINGE 1

Vous pouvez écouter la version audio de ce texte en cliquant ici

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6 réflexions sur “Tranches (de vie) napolitaines, 8è et dernier jour : Et le linge aux fenêtres.

  1. Quel superbe voyage tu nous as offert Firenz’ ! Des touches de couleurs qui haussent la toile, l’éclaboussent de fragments de vie. Un beau partage. Merci, ce fut très agréable.

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