L’Elle

A l’occasion d’une « Semaine de la francophonie dans le monde », le Ministère de la Culture et de la Communication avait proposé d’inventer une histoire, en y incluant les mots suivants :

AMBIANCER       À TIRE-LARIGOT     CHARIVARI      S’ENLIVRER    FARIBOLE    

HURLUBERLU     OUF  TIMBRÉ      TOHU-BOHU      ZIGZAG 

 planetes

Les hommes sont de Mars, les femmes de Vénus …

Quant à l’Elle, elle venait de …

Ben, on n’a jamais su. Elle a débarqué un beau jour dans la jungle urbaine, sans que jamais l’on ne vit le moindre  ‘i’ de sa carte d’identité.

D’aucuns la qualifièrent vite d’huluberlu, mais elle n’en avait cure, à ceux qui disaient qu’elle était timbrée, elle rappelait qu’elle était affranchie aussi.

Ce que les terriens de Mars ou de Vénus appelaient ‘vie’, elle l’appelait ‘chaviravi’, mais les humains n’y entendant rien, ils en firent un charivari. Elle ne savait pas aligner les événements, elle faisait tout en vrac, en zigzag, des bulles de vie comme des boules de billard, rebondissant en bandes, sans les bandes, car de cadre elle arrivait à se passer.

Une vie comme une bande-dessinée où il semblait faire bon s’enlivrer, dans des phylactères en pétillance, de SHEBAM en POW en BLOP en WIZZ ! Et Gainsbourg lui chantait …

Non, pas de comic-strip, en fait …

Un charivari de ouf, mais d’une folie douce …

Elle n’avait ni sa pareille, ni sa salsepareille pour vous ambiancer une soirée, avec son pote Casimir en Disc-Jockey. Elle savait distinguer le bon vin de la vaine ivresse, vous faisait des cocktails pas Molotov mais explosif quand même, mélange Tohu-bohu dans le verre pour accompagner un gloubiboulga aux Fariboles. Elle avait le rire sans commune mesure, le dispensait à tire-larigot, démesurément, parce que, sans rire, on sait que pour le rire, vite la mesure ment.

Une nuit, on entendit un big bang à sa porte, et au matin, elle n’était plus, elle avait disparu. Il ne restait de l’Elle que sa cape d’invisibilité, invisible, rien donc …

Si d’aventure vous la croisez, voulez-vous bien lui rappeler qu’elle me doit cent balles, quand même …

 

Pour retrouver le texte mis en voix, cliquez ici 

 

 

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